Histoire
du chemin de fer, " ti train " à l'île de La Réunion.
Dès 1858, est lancée l'idée d'un chemin de fer à l'île de la Réunion, c'est le moment du développement de la canne à sucre, et pour assurer son essor économique l'île doit se doter de moyens de communication modernes et rapides. Le centre de l'exploitation doit être naturellement la capitale, Saint-Denis ; comme elle se trouve aux deux tiers de la ligne, le chemin de fer se divisera en deux sections : celle du Vent ou de l'Est, qui comprendra de Saint-Denis à Saint-Benoît, environ 50 kilomètres, et celle de Sous-le-Vent ou de l'Ouest, qui compte jusqu'à Saint-Pierre un peu plus de 80 kilomètres.
C'est en 1875 qu'un accord est enfin obtenu entre investisseurs et décideurs. La construction du chemin de fer peut commencer et les travaux débutent en 1878.
1875 :
- Février 1875 : demande d'une concession gratuite des terrains nécessaires à la construction d'un chemin de fer.
- 21 juin 1875 : commission d'enquête de H Bridet. Examen du projet de chemin de fer et demande en concession.
- 11 septembre 1875 : Tracé de l'avant projet.
1876 :
- 19 août 1976 : Déclaration d'utilité publique du Port de La Pointe des Galets et du chemin de fer de Saint-Pierre à Saint-Benoït.
- Concession gratuite, pour 99 ans, des terrains à prendre pour la construction du port et du chemin de fer sur la réserve du domaine publique, dite des pas géométriques.
1877 :
- 23 juin 1877 : Loi relative à la création d'un port à La Pointe des galets et à l'établissement d'un chemin de fer reliant ce port à Saint-Pierre et à Saint-Benoït.
- 27 juillet 1877 : Arrêté promulguant dans la colonie la loi du 23 juin 1877.
1878 :
- 28 février 1878 : Constitution de La Compagnie du Chemin de Fer et du Port de La Réunion ( CPR ). Début des travaux du port et du chemin de fer.
1882 :
- 11 février 1882 : Inauguration de la ligne de Saint-Denis à Saint-Benoït.
- 12 février 1882 : Inauguration de la ligne de Saint-Denis à Saint-Louis.
- 15 février 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Louis.
- 5 juillet 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Pierre.
Le 11 février 1882, le chemin de fer est inauguré, en présence de nombreuses personnalités, dont le gouverneur
Pierre
Etienne Cuinier. C'est M. Blondel qui a dirigé les travaux. Le premier train inaugural relie Saint-Denis à Saint-Benoît puis à Saint-Louis. 4 ans de travaux ( 1878-1882 ) pour 126 km de ligne, 41 ponts métalliques, 14 ponts en maçonnerie, des dizaines de ponceaux, aqueducs et tranchées.
On notera pour la petite histoire que le voyage inaugural du chemin de fer sera l'occasion également d'inaugurer la longue série de déraillements qui, année après année, rythmeront l'histoire du ti train. Il n'empêche que malgré ses déboires et son caractère plus que folklorique, ce train a sauvé l'économie de l'île et procuré aux habitants de ce pays un moyen commode de déplacement entre le Nord et le Sud.
Les
gares du chemin de fer réunionnais :
Treize gares
: Saint-Benoît, Saint-André, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie, Saint-Denis, la Possession, le Port, Saint-Paul, Saint-Gilles, Saint-Leu, Étang-Salé, Saint-Louis et Saint-Pierre.
Quelques haltes : Bourbier,
Rivière des roches, Bras-Panon, Chemin des Limites, Rivière du mât,
Petit-Bazar, Cambuston, Bois-Rouge, La Marine, Ravine des chèvres, la Mare,
Sainte-Clotilde, Le Butor, La Préfecture, Grande-Chaloupe, Bout de l’Étang, Caserne/Saint-Paul,
Cap-Homard, Saint-Gilles, Hermitage, Saline-les-Bains, Grande-Ravine, Gendarmerie Saint-Leu,
Pointe-au-Sel, Km 103, Km 109,600, Saint-Louis ancienne gare, Les Sables de l’Étang-Salé, Pierrefonds.
Gare de
Saint-Denis
Gare de
Saint-Pierre
Gare de la Grande
Chaloupe et trains à la Grande Chaloupe
Gare de
Saint-Louis
Gare de Saint-Paul
Gare de l'Étang-Salé
Gare de
Saint-Gilles
Gare de
Sainte-Suzanne
Gare du Port
Gare de
Sainte-Marie
Gare de Cambuston
Gare de La
Possession
Gare de
Saint-André
Gare
de Saint-Leu
Gare de
Saint-Benoît
Les travaux et les ouvrages.
Saint-Denis direction Saint-pierre.
Le pont de la rivière Saint-Denis, à treillis de fer, qui se compose de deux traversées d'environ trente mètres chacune.
Le tunnel entre Saint-Denis et la Possession, un tunnel de 10 500 m en quatre tronçons. Le 3 eime tunnel au monde pour l'époque inauguration le 10 août 1881.. Tunnel de protection : 730 m. Tunnel de Saint-Denis à la Ravine à Jacques : 5 680 m. Tunnel de la Ravine à Jacques à la Grande Chaloupe : 730 m. Tunnel de la Grande Chaloupe à la Possession, 4 020 m. Le tunnel est creusé à partir des nombreuses bouches d'aération percées dans la falaise depuis la mer, un beau travail dirigé par le chef de chantier Blondel.
Le pont de la rivière des Galets (450 m), métallique à huit travées, de cinquante mètres de portée chacune, reposant sur sept piles en maçonnerie, fondées dans le delta même du torrent, à une douzaine de mètres de profondeur. Ouvrage exécuté par M. Dubois, les parties métalliques fournies et placées par le Creusot.
Le pont des étangs de Saint-Paul 100 m.
les viaducs de pierres qui franchissent, la Petite Ravine (114.5 m), la Grande Ravine ( 142 m de long des arches de 18 m en pierre pays ) et de la ravine des Colimaçons. Ces viaducs, dont la hauteur atteint 40 mètres, ont été construits en moellons de balsate caverneux, avec de la chaux hydraulique du Teil et de la chaux de l'île, obtenue par la torréfaction des coraux et madrépores. Les voûtes n'ont que un mètre d'épaisseur à la clé.
Le pont métallique de la rivière Saint-Étienne 520 m, à poutres horizontales de dix travées de cinquante mètres de portée. On est allé chercher, jusqu'à 14 mètres de profondeur, le conglomérat quaternaire solide pour fonder les piles en maçonnerie qui recevront le tablier. Ouvrage exécuté par M. Dubois, les parties métalliques fournies et placées par le Creusot.
Le pont du Gol 100 m.
Le pont en maçonnerie de la Ravine des Cabris à Saint-Pierre, travaux exécutés par M. Dubois.
Saint-Denis direction Saint-Benoît.
Les ponts de la rivière des Pluies neufs petits ponts établis sur les bras de la rivière.
Pont du Bras Panon et de la rivière des Roches.
Particularité du chemin de fer réunionnais : Chemin de fer " à voie étroite " c'est à dire que la voie n'a pas la largeur utilisée en Europe. D'un rail à l'autre, il n'y a que 1 Mètre, en France cette distance est de 1,44 m.
Point culminant de la ligne de chemin de fer, 145 mètres au-dessus du niveau de la mer, après le pont de la Petite Ravine direction Saint-Louis.
1887 :
- 2 décembre 1887 : Arrêté relatif à la déchéance de la Compagnie du Chemin de Fer et du port de La Réunion.
- 12 décembre 1887 : Dépêche ministérielle relative à l'exploitation en régie de Chemin de Fer et du Port de La Réunion. ( CPR ).
Le "petit train" accomplira quatre-vingts ans de bons et loyaux services. Il a dû cesser ses activités lorsque la route en Corniche ouvrit une voie rapide entre le Nord et l'Ouest, Aujourd'hui, il reste un tronçon de voie métrique à la Grande Chaloupe, sous le tunnel, juste à côté de l'entrée sur la corniche. Le village de la Grande Chaloupe abrite un petit musée ferroviaire. On peut y voir quelques locomotives restaurées et autres témoignages historiques.
En 1957 fermeture de la liaison Sud le Port à Saint-Pierre.
En 1963 fermeture de la liaison Nord, Saint-Denis à Saint-Benoît.
En 1976 fermeture de la liaison Saint-Denis à la Possession.
Pour l'histoire il faut noter, que c'est le 20 juin 1870 que la première locomotive de l'île fait ses essais à Saint-Pierre. C'est Monsieur de Kervéguen, qui possède un immense empire foncier et industriel qui imagine tout un réseau de chemins traversant ses immenses étendues sucrières. C'est donc à ctte date que la première locomotive à vapeur est le tout premier engin motorisé à parcourir une route de Bourbon, fait ses essais. Elle est mise en route dans la cour de l'usine des Casernes, effectue quelques ronds de piste puis, à la vitesse effarante de 4 kilomètres/heures, descend les étroites ruelles saint-pierroises jusque vers Ravine-Blanche où elle emprunte la route de Saint-Louis. Il n'avait fallu que 4 heures à l'étrange convoi pour aller de chez Kervéguen aux Casernes jusque chez Kervéguen à Rivière Saint-Louis. Ces essais concluants serviront d'exemple puisqu'un ingénieur, M. Miot, s'en inspira pour mettre en service un lot de locomotives routières en septembre 1871. Un service public qui ne durera pas mais qui avait le mérite d'exister.
Directeurs de la Compagnie du CPR : Chemin de Fer et du Port de La Réunion.
- 1878-1882 Alexandre Lavalley
- 1882 Adrien Blondel
- 1883-1885 Maurice Raabe
- 1886-1887 Barse
- 1888-1891 Jullidière. Intérimaires en 1888, Chapron et Raabe, et en 1890, Léon
Colson
- 1891-1897 Paul Bonnefont de Varinay. Intérimaires en 1894, 1896 et 1897, Gaston
Bidel
- 1897-1903 Louis Le Bourhis. IntérImaires en 1898, 1899 et 1900, Gaston
Bidel
- 1903-1913 Gaston Bidel. Intérimaires en 1907, Gaston du Mesgnil ; et en 1909 et 1910, Frédéric Benoît
- Intérimaire en
1914 Fernand Nolleau
- Intérimaire en 1914-1915 Edmond Martin
- 1916-1919 Georges Decoux. Intérimaire en 1918, Gaston du
Mesgnil
- Intérimaire en 1919-1920 Lucien Rojat
- 1920-1925 Étienne Coste
- Intérimaire en 1925 Charles Lapébie
- 1926-1928 Gaston Dulché. Intérimaire en 1928, François
Louin
- 1929-1932 Léon Pélieu
- 1932-1934 Francis Élié
- 1934-1935 Marius Jacquemetton. Intérimaire en 1935, Maurice de
Gaillande
- 1936-1938 Roger Mauclère. Intérimaire en 1938, Alfred
Lebel
- Intérimaire en 1938 Yvan Gendreau
- 1939-1940 Gustave Moëvus. Intérimaire en 1940, René Mérat
- 1941-1942 Raymond Decugis
- Intérimaire 1942-1946 Jean Nida
- 1946-1949
Georges Henry
- Intérimaire 1949-1951 Marcel Cerneau
Directeurs du CFR
- 1951-1953 Louis Zimmer
- 1954-1963 Jules Rayeroux
(Source : "Le petit train longtemps" par Éric Boulogne).