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Gilbert
Aubry est né le 10 mai 1942 à Saint-Louis, son père et sa mère
portaient tous deux le même patronyme, Émile Aubry et l’autre à Cornélie
Aubry.
Il est baptisé le 25 mai 1942 à Saint-Louis
par le père Hervé Hoareau, son enfance le façonne, l’ambiance familiale
est religieuse, la prière rassemble. Ses parents espèrent qu’un de leurs
fils entrera dans les ordres. L’aîné de leurs neuf enfants, les comblera.
Gilbert Aubry fait ses études primaires à
Piton Saint-leu, ses études secondaires au Séminaire de Cilaos, puis
à Madagascar au Collège Saint-Michel
de Tananarive. Selon ses propres termes, il " se laisse choisir par
Dieu comme chrétien " à 19 ans.
Il poursuit sa formation en métropole au
Séminaire des Missions des Pères du Saint-Exprit à la Croix Valmer dans
le Var, puis à l'Université Grégorienne de Rome où il obtient une licence
de philosophie en 1965.
Il fait son service militaire comme Volontaire
à l'Assistance Technique, cela lui permet de rentrer
à La Réunion où il enseigne au Séminaire de Cilaos. Par la suite il retourne
à Rome et achève une licence de théologie.
Quand le jeune licencié en philosophie et
en théologie regagne son île natale, l’évêque de La Réunion est Monseigneur
Georges
Guibert. C'est lui qui l'ordonne prête le 23 août 1970, en l’église
Saint-François-de-Salles du Tampon.
De 1970 à 1976, Gilbert Aubry est animateur
de l'Association Réunionnaise d'Éducation Populaire ( Arep ), rédacteur
en chef de “ Croix-Sud ” et aumônier diocésain de l’Action catholique.
En 1971 il participe à l'écriture de Poèsia 71, recueil publié à Rome,
et la même année il publie Rivages d'alizé, composée de trente poèmes,
une deuxième édition paraît, augmenté d'un chapitre nouveau, "
Vitrail corallien " en 1975.
La Réunion à cette époque
est divisée entre, départementalisation et autonomie, cette
bipolarisation passionnelle traverse toute la société, le
clergé réunionnais n'échappe pas aux passions et
à effervescence politique. Ce qui provoque en 1975 la démission
de l'évêque de La Rèunion Monseigneur Georges Guibert.
La nomination d'un nouvel
évêque en 1975 préoccupe l'administration locale.
Rome envoie en mission à Saint-Denis le nonce apostolique de Madagascar,
à charge de rencontrer le clergé et toute la communauté
chrétienne pour proposer une issue à la crise que traverse
l'Eglise dans le département. Le nom de René Payet à
la succession de monseigneur Guibert est prononcé, le PCR organise
des déplacements en masse de ses militants pour aller déclarer
au Nonce, lors des journées d'audiences programmées, que
"le père Payet c'est un bon père c'est lui qui nous
faut comme évêque".
C'est finalement Gilbert
Aubry qui, à 34 ans, est nommé. Ce dernier estime que
c'est sans doute parce qu'il incarnait à la fois le caractère
créole par ses origines et la volonté d'indépendance
à l'égard des politiques, il explique sa nomination dans
un entretien du 14 août 1998 : " Je suis nommé fin 1975
et durant la période où la nomination était en cours,
il y a eu des manipulations politiciennes pour faire que ce soit untel
qui soit choisi et non pas untel. Le PCR a fait pression et les partis
de droite aussi. Moi, j'étais rédacteur en chef du journal
Croix-Sud et j'avais été conduit vers les orientations de
Monseigneur Guibert, vers celles du Pères Quatrefages et vers les
conclusions du Cardiogramme et du concile Vatican II. J'avais sorti en
1975 un article intitulé " Non au communisme populaire lié
au christianisme populaire ". Témoignage Chrétien défendait
cette thèse et moi j'ai pris position contre, tout en ouvrant encore
plus le champ politique que Monseigneur Guibert et le Père Quatrefages.
J'ai dit que du point de vue politique l'Evangile ne se prononçait
pas sur une forme de statut et qu'en tant que chrétiens nous pouvions
être pour un statut de département ou pour l'autonomie, cela
ne relevait pas strictement de la foi. J'avais averti Quatrefages de mon
article et il m'avait donné son aval. Je me situe donc dans une
ligne d'indépendance vis-à-vis des partis politiques en
tant que rédacteur du journal du diocèse..."
En 1976, il est choisi pour
être évêque de La Réunion, à 34 ans c'est le plus jeune évêque de France
Le sacre de Mgr Gilbert Aubry, le 2 mai 1976, est un événement majeur
dans l’histoire de l’Église à la Réunion, qui n’aura d’égal que la visite
de Jean-Paul II en 1998. Fier d’être Réunionnais, amoureux de son
créole, enveloppé de la miséricorde du Seigneur, il prône le dialogue
et l’acceptation de tous ses compatriotes. Il fait entendre sa voix
sur tous les problèmes qui questionne la foi catholique. |
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2 mai 1976, l'onction donnée
à Gilbert Aubry par Monseigneur Guibert.

De gauche à droite
: Monseigneur
Langavant, Monseigneur Aubry, Monseigneur
Guibert. Trois évêques de La Réunion.

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C'est
Gilbert Aubry, l'évêque-poète, qui a véritablement lancé le mot et la
notion de " créolie ", en présentant solennellement, lors d'une conférence
du 24 novembre 1978, à l'Hôtel de Ville de Saint-Denis, son Hymne à la
Créolie.
Les années suivantes voient
la poésie de Gilbert Aubry devenir un disque intitulé Créolie, puis en
collaboration avec Jean-François Sam-Long,
il écrit une anthologie, Poésie réunionnaise 1900-1980.
En mai 1982, à l'occasion
des Assises de la culture, il écrit Sois peuple Mystique marronnage qui
développe les thèmes de la Créolie.
En 1988, Gilbert Aubry rassemblera
l'ensemble des textes marquant son action dans, Pour Dieu et pour l'homme
réunionnais.
En 1989 voit la parution
de Poète mascarine qui reprend les recueils antérieurs augmentés de huit
poèmes nouveaux.
Membre de la Conférence épiscopale
française, il préside actuellement la Conférence épiscopale de l’océan
Indien et est consulteur de la Commission pontificale pour la conservation
du patrimoine artistique et historique de l’Église.
En 2008, il soutien la 4e
édition de la Marche pour la vie, manifestation parisienne pour la défense
de la vie et contre l'avortement. En mars 2008, Mgr Aubry réagit à la
demande de légalisation de l'euthanasie formulée par Chantal Sébire. Il
déclare à un journal réunionnais que "la plus grande aide que l’on puisse
apporter n’est pas de faire mourir, mais d’aider humainement et spirituellement
à mourir en paix avec soi-même, avec les autres et avec Dieu".
13 mars 2009, sur le siège
de la présidence des célébrations liturgiques est apparu un visage comme
une version stylisée de celui du Saint Suaire. Des milliers et des milliers
de fidèles et du curieux se pressent à l'église de Jésus Miséricordieux,
dans le quartier de Cambuston à Saint-André, à La Réunion, pour voir le
dossier d'un siège. Ce visage qui déplace les foules serait formé par
des plis du tissu : un visage proche de celui du Christ.
Texte
de l'Évêque de La Réunion Mgr Gilbert Aubry sur l'apparition du visage
du Christ à l'église de Jésus Miséricordieux
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