|
Pour
mettre en valeur l’île Bourbon, la compagnie des Indes et les colons utilisent
une main-d’œuvre servile. De 1717 à
1817 près
de 80 000 esclaves sont introduits dans l’île. Ils proviennent d’une traite
régionale qui se fournit sur les côtes de l’Afrique orientale et à Madagascar.
La Révolution française abolit
l’esclavage en 1794 mais
les colons de La Réunion refusent d’entériner cette décision qui les ruinerait
et renvoient les commissaires de la République venus faire appliquer la
loi.
Le rétablissement de l’esclavage
en 1802 destiné
à relancer l’économie des colonies est accueilli avec soulagement.
En 1834,
l’Angleterre met fin à l’esclavage dans ses colonies. Les esclaves des
îles voisines, Maurice et les Seychelles, sont libres.
Ce n'est pas le cas des esclaves
réunionnais qui doivent attendre la révolution de 1848.
Le Commissaire général de la République, Sarda-Garriga, débarque le 13
octobre 1848 à l’île Bourbon, renommée île de la Réunion, et proclame
l’abolition le 20 décembre 1848. Le jour même, environ 62 000 esclaves
sont libérés dans le calme.
Le 20 décembre 1848, ce ne
sont pas moins de 62 000 personnes qui vont changer de statut, soit six
habitants sur dix. La population esclave est libérée.
L'année 1848 est, à la Réunion
celle de grands changements dont le principal est l'abolition de l'esclavages.
En février 1848 c'est la Révolution, le gouvernement de Louis-Philippe
est renversé. La nouvelle arrive à la Réunion en mai, le 8 juin 1848,
le Calcutta navire qui arrive de bordeaux, apporte la confirmation officielle
du changement de régime. Le lendemain la République est proclamée.
Le 10 juin 1848 les décrets
du gouvernement provisoire sont enregistrés par la cour d'appel. Les propriétaires
sont inquiets. Plusieurs membres de ce gouvernement sont des farouches
abolitionnistes. Et puis arrive dans l'île une dépêche confirmant le crainte
des colons ; l'esclavage a bel et bien été aboli.
Le décret du 27 avril 1848
mettant fin à l'esclavage s'accompagne de treize autres décrets destinés
à prévenir certaines difficultés que pourrait entraîner l'émancipation
des esclaves. Or à la Réunion on estime qu'aucune mesure efficace n'a
été mise en place pour préserver l'économie locale. Le 17 juillet les
colons se rassemblent, le 18 juillet, un comité provisoire de quinze membres
est élus, un vent d'agitation souffle parmi les colons. Le gouverneur
Graeb, de son côté, se contente d'un rôle d'observateur d'autant qu'il
sait que ses jours dans la colonie sont comptés. En effet il sera remplacé
par un commissaire de la République.
Le 13 octobre 1848, arrivé
de Joseph
Napoléon Sébastien Sarda-Garriga.
Le navire l'Oise jette l'ancre
en face de Saint-Denis, à son bord, Sarda Garriga, commissaire générale
de la République, chargé de proclamer l'émancipation des esclaves de la
Réunion.
Le 19 octobre 1848, Sarda
Garriga fait enregistrer la promulgation du décret d'abolition par la
cour d'appel.
Le 24 octobre 1848, nouveau
décret qui organise le travail pour les nouveaux affranchis. Les personnes
non libres sont obligées de contracter un engagement de travail avant
le 20 décembre 1848. Les propriétaires approuvent, mais Sarda Garriga
doit se défendre de vouloir, par le biais du travail obligatoire, maintenir
une sorte d'esclavage.
Le Grand Jour, le 20 décembre
1848.
Au matin du 20 décembre 1848,
Sarda Garriga affiche la proclamation 62 000 esclaves deviennent libres.
Les esclaves pour fêter leur émancipation, n'ont pris qu'un jour de liberté,
ils ont été enlever au marché le poteau où ils étaient fouettés.
État civil des esclaves.
Jusqu'à l'abolition de l'esclavage,
les naissances, mariages et décès des esclaves furent, le cas échéant,
inscrits dans des registres de catholicité, le plus souvent dans des registres
spécialement ouverts à leur intention mais parfois dans les mêmes registres
que la population blanche et libre : ce fut notamment le cas à l'île Bourbon
(aujourd'hui la Réunion) et à l'île de France (aujourd'hui Ile Maurice)
pendant la régie de la Compagnie des Indes, soit jusqu'en 1767.
Les esclaves n'ayant pas de nom de famille, seuls leurs prénoms étaient
inscrits, ceux de leurs père et mère, et mention était faite du propriétaire
auquel ils appartenaient. Quant aux gens de couleur libres (nègres et
mulâtres), ils furent au XVIIIe siècle, et approximativement jusqu'en
1830,
inscrits sur les mêmes registres que les blancs. Mention doit être faite,
dans le corps de l'acte, du fait qu'ils sont nègres ou mulâtres. L'usage
d'un nom de famille (qui, légalement ne doit pas être celui d'un blanc
vivant dans l'île) s'introduit lentement. Le prénom de l'intéressé, ou
celui de ses parents, est généralement suivi de la mention "dit Un tel".
Pendant une courte période,
après la révolution de Juillet, des registres séparés seront tenus pour
les blancs et les libres. Dans ces derniers, outre les actes de naissance,
mariage et décès, seront également transcrits les arrêtés d'affranchissement,
arrêtés que l'on peu également lire dans les journaux officiels locaux.
Dans le courant du XIXe siècle,
les esclaves furent également inscrits, commune par commune, dans des
registres matricules. Ceux-ci furent généralement brûlés en 1848. Des
registres de déclaration des nouveaux libres avaient été en effet légalement
ouverts, où les anciens esclaves étaient obligés de s'inscrire avec des
formules de ce type : "aujourd'hui s'est présenté devant nous, officier
de l'état civil chargé de la tenue des registres servant à inscrire les
nouveaux citoyens, la citoyenne Rose, âgée de 18 ans, native de cette
colonie, domiciliée de cette commune, inscrite précédemment sous le numéro
95 du registre matricule, à laquelle nous avons donné le nom patronymique
de Parélyse" (21 janvier 1852, Grand Bourg, Marie Galante). Cette
inscription est destinée à remplacer, pour les nouveaux citoyens, l'acte
de naissance qui leur fait défaut. Cette formalité accomplie, leurs actes
de mariage et de décès, les actes de naissance de leurs enfants seront
désormais inscrits à coté de ceux de la population blanche, dans un même
registre.
D'autre part, beaucoup de
nouveaux libres régularisèrent entre 1848 et 1860 l'union qu'ils avaient
contractée avant l'abolition de l'esclavage. Leurs actes de mariage, comportant
souvent la légitimation de nombreux enfants, figurent dans les registres
des années en cours.
Des registres de nouveaux
libres sont conservés aux Archives départementales de la Guadeloupe, de
la Martinique et de la Réunion.
|
|








|
|