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Edmond
Albius est né à Sainte-Suzanne en 1829.
Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd
à sa naissance.
Le 8 décembre
1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et
son initiation à la botanique :
" Mr Féréol Bellier
Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son
propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse,
dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme
par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas
à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé
dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant
leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre
sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement
chez les adeptes de la science de la botanique. A l'instar de son maître,
Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur
des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder
naturellement. "
En 1841,
l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum
d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode
simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier.
Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon.
L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes
mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple
et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle,
sur le pistil, organe femelle.
La découverte du jeune Edmond
allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie
agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers
le monde.
Affranchi, Edmond reçut son
nom de liberté : Albius qui signifie Blanc. Après l'abolition de l'esclavage,
Edmond Albius va vivre à Saint-Denis où il trouve un emploi d'aide cuisinier
chez un officier de la garnison. Il est alors impliqué dans une affaire
de vol. Le 15 juin 1852,
il va être condamné à cinq ans de travaux forcés.
Le 26 avril 1855,
le Gouverneur Hubert
De Lisle décide de le faire libérer pour bonne conduite après 3 ans
d'emprisonnement.
Edmond Albius décède à l'hospice
de Sainte-Suzanne le 9 août 1880
dans le dénuement le plus complet.
En 1981 la municipalité de
Sainte-Suzanne a érigé une stèle sur le lieu de naissance d'Edmond Albius
à Bellevue.
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2004, un mémorial pour la
commémoration du 10 mai où l’esclavage est reconnu comme crime contre
l’humanité est installé sur le site du bocage à Sainte-Suzanne, Une statue
en bronze d'Edmond Albius occupe le centre de ce mémorial, une oeuvre
de l'artiste réunionnais Jack Beng-Thi né en 1951 au Port. Maurice Gironcel,
maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, explique : "Ce projet nous
tient particulièrement à cœur. Edmond Albius a marqué l’histoire de Sainte-Suzanne,
de La Réunion et du monde à travers sa découverte qui a révolutionné le
monde agricole et industriel. Mais comme vous le savez, malgré sa découverte,
son génie ne sera jamais reconnu, parce qu’il était noir, esclave."
Dans une lettre datée du
17 février 1861,
Férol Bellier relate les circonstances dans lesquelles Edmond à découvert
le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.
" Je me faisais aider par
lui pour la fécondation des fleurs d'une plante de la famille des citrouilles,
appelée jolifiat. Dans cette plante, les fleurs mâles et les fleurs femelles
sont séparées et sur des rameaux différents. J'enseignais au petit noir,
Edmond, à cueillir les premières et à les poser avec soin sur les fleurs
femelles, qui sous elles, portent l'embryon du fruit, comme dans les citrouilles.
Je ne me souvenais plus de cette enseignement lorsque, la même année plus
tard, me promenant avec mon fidèle compagnon, j'aperçus sur le seul vanillier
que j'eusse alors une gousse bien nouée. Je m'en étonnai, et la lui fit
remarquer. Il me dit que c'était lui qui avait fécondé la fleur. Je refusai
de le croire, et passai. Mais 2 ou 3 jours après je vis une seconde gousse
près de la première. Lui de me répéter son assertion. Je demandai alors
comment il avait fait. Il exécuta devant moi cette opération que tout
le monde pratique aujourd'hui. L'intelligent enfant avait su discerner,
dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement
en rapport. Dans l'article de journal que je vous ai signalé, ci-dessus,
j'essayai d'expliquer le procédé au public. Des amis me dirent que je
n'étais nullement parvenu à me faire comprendre et bientôt Messieurs Sarrasin
Floris, Patu de Rosemont, Vinet et Madame Joseph Desbassyns, en envoyant
chercher Edmond et le faisant opérer devant eux purent faire connaître
partout le procédé de la fécondation.......
Le vanillier a été introduit
à la Réunion en 1819
par le jardinier botaniste Perrotet.
Vanillier
: N.f. Plante de la famille des orchidées, originaire d'Amérique et cultivée
pour son fruit, la vanille, dont l'arôme, bien connu, est dû à la vanilline
qu'il renferme.
Quelle que soit l'espèce,
le vanillier se présente toujours sous forme de lianes à feuilles alternes,
entières, qui portent au niveau de certains nœuds de très longues racines
adventives leur permettant de se maintenir sur leur support. Dans les
fleurs, en grappes axillaires, l'organe mâle est séparé de l'organe femelle
par une languette (rostellum) et la fécondation est assurée par un insecte,
du moins dans les forêts d'origine. En effet, l'insecte n'ayant pas été
importé dans les pays où la culture de la vanille est répandue, la fécondation
doit faire appel à l'homme, qui intervient manuellement pour que l'ovaire
se transforme en fruit : Une capsule de 15 à 25 cm de long, qui met plus
de six mois pour mûrir. Ce fruit est cueilli un peu avant maturité. Après
divers traitement, la capsule, récoltée verte et dure, devient brune et
souple. Son parfum se développe ensuite au cours d'une conservation de
plusieurs mois.
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