Législatives 06-1946 à La Réunion, les résultats des élections législatives de juin 1946, les résultats les candidats les députés élus.

Législatives 06-1946 à La Réunion

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Les élections législatives du 2 juin 1946, doivent renouveler les représentants de l'Assemblée constituante. Les députés élus le 21 octobre 1945, étaient chargés de rédiger la nouvelle constitution, ils avaient un mandat pour une durée limitée de sept mois.

Les deux députés sortants de La Réunion sont, Raymond Vergés et Léon de Lepervanche installés à Paris ils s’inscrivent au groupe communiste, première force politique nationale. Les actions des deux représentants de la Colonie, se sont concrétisées par la loi du 19 mars 1946, qui érige la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion en départements. Le 19 mars 1946, marque un tournant dans l’histoire de La Réunion : l’île devient département français.

Pour la première fois le département de La Réunion doit donc élire ses deux représentants, l'île est découpée en deux circonscriptions.

Carte des législatives juin 1946 La Réunion

Les deux circonscriptions.

Le découpage de La Réunion est de deux circonscriptions pour les 23 communes.

La première circonscription comprend : Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-André, Salazie, Bras-Panon, Saint-Benoît, la Plaine des Palmistes et Sainte-Rose.

La deuxième circonscription comprend : La Possession, le Port, Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, Les Avirons, l'Etang-Salé, Saint-Louis, Saint-Pierre, l'Entre-Deux, le Tampon, Peite-île, Saint-Joseph et Saint-Philippe.


Les Candidats aux élections législatives de juin 1946.

Dans la première circonscription :

- Raymond Vergés, député sortant, maire de Saint-Denis, haut responsable du Parti communiste français à la Réunion, sous l’étiquette péi du Comité républicain d’action démocratique et sociale, le C.R.A.D.S.

- Alexis de Villeneuve, maire et conseiller général de Saint-Benoît, gaulliste, sous les couleurs du Mouvement Républicain Populaire, MRP.

Dans la deuxième circonscription :

- Léon de Lepervanche député sortant, maire du Port, communiste, il se présente sous l’étiquette péi du Comité républicain d’action démocratique et sociale, le C.R.A.D.S.

- Raphaël Babet, républicain indépendant, gaulliste.

Raphaël Babet député de La Réunion en juin 1946


La campagne électorale.

Pour les deux députés sortant la campage électorale débute le 11 et 12 mai 1946 à la mairie de Saint-Denis par le congrés du C.R.A.D.S. Ils Présentent un compte-rendu complet de leur mandant.

Pour alexis de Villeneuve la campagne électorale débute en mars 1946, il créé une section du Mouvement Républicain Populaire, le M.R.P. pour que les anti-cradistes n'aillent pas au combat en ordre dispersé. Il est assité dans sa tâche de président par deux vice-présidents, Jean Chatel et Maître Maxime Vallon Hoarau, un secrétaire Maître Dominique Sauger, un trésorier, Médéric de Roland, un délégue de propagande, Maître Xauthier, un délégué à la classe ouvrière, M. Alliot, un délégué aux oeuvres sociales, le docteur Philippe Vinson. Le M.R.P. tente de rassembler et de sauver l'étiquette chrétienne de l'île. Pour donner l'illusion de la diversité, les anti-cradistes fondent aussi un Rassemblement Républicain Démocrate et Social le R.R.D.S.

Raphaël Babet sous l'étiquette de républicain indépendant commence sa campagne dès son arrivé dans le département en mai 1946, il déclare le 16 mai 1946 dans le journal La Démocratie : " Pour l'ordre, pour un ravitaillement meilleur, pour l'amélioration du sort des travailleurs et le mieux être de tous, pour la revalorisation des produits, pour la défense de l'église Catholique, des institutions religieuses et de l'école libre, pour une constitution nouvelle digne de la France, conforme aux désirs du sauveur du pays, le général de Gaulle, contre les fauteurs de désordres, contre le communiste ".

Dès le mois de mai se sont le retour des violences électorales et l’accentuation d’une fracture entre les deux principaux camps. L’affrontement frontal est désormais la règle. L’expression " bipolarisation ", est souvent utilisée pour peindre ces années de tensions politiques. À gauche, un axe communiste se constitue. Il se construit autour de personnalités qui exercent un fort ascendant Raymond Vergès, Léon de Lepervanche, Jean Hinglo… À droite, le Mouvement Républicain de Libération, MRP, conduit par Alexis de Villeneuve.

Cette campagne électorale se déroule dans une atmosphère très passionnée. Dans chaque camp, les esprits sont echauffés. Tout est mis en oeuvre pour éviter l'échec. Chaque réunion électorale tenue par un candidat est perturbée par les supporters de son adversaire.

11 mai 1946, circulaire du gouverneur de La Réunion André Capagorry précisant à tous les maires de l’île que " les réunions électorales ne peuvent avoir lieu sur la voie publique ".

24 mai 1946, en présence d’Alexis de Villeneuve, l’un de ses alliés, Marcel Vauthier, échappe de peu à une tentative d’attentat perpétrée par un ancien gendarme. Mais l’arme s’était enrayée. Inquiet, le gouverneur Capagorry, convoque les divers candidats en lice à une réunion de pacification.

Marcel Vauthier député de La Réunion en juin 1946

25 mai 1946, réunion de pacification, elle se tient dans les locaux du gouvernorat, en début d’après-midi. Les parties en présence s’engagent à ne plus troubler les rassemblements concurrents.

25 mai 1946, 16h 30. Ce traité de non belligérance n’aura pas le temps d’entrer en vigueur. L'affrontement entre les manifestants MRP et les contre manifestants communistes a lieu près de l'angle de la rue de la Victoire et de la rue de l'Église, aujourd'hui rue Alexis de Villeneuve. Alexis de Villeneuve sort d'une réunion avec MM. Vauthier, Chatel, père et fils, Sauger et Vallon Hoarau. Il commence à haranguer ses troupes depuis une terrasse située au tout début de la rue de l'Église. Les contres manifestants communistes et des femmes du CRADS, parti de Raymond Vergès, arrivent de la maternité et de la poste, de l'autre côté de la rue de la Victoire ; il frappent sur des bidons vides pour couvrir la voix de l'orateur MRP. Alexis de Villeneuve tente d'obtenir l'aide de la police pour arrêter les perturbateurs. Ils descend de la terrasse pour les affronter, entouré de ses partisans. Injures et coups sont échangés. Dans la mêlée qui s'en suit et dans le vacarme qui l'accompagne, des coups de feu claquent et Alexis de Villeneuve s'écroule, frappé mortellement en pleine poitrine. La confusion est grande. En dépit de multiples témoins, dont de nombreux agents de la force publique qui sont sur les lieux, brigadier J. Barne, inspecteur principal Belon, agent T. Simon, maréchal des logis chef Payet, les faits ne seront pas clairement établis. Un seul élément est sûr et incontestable : une arme a été découverte par le gendarme Cros dans la poche d'un certain Raymond Orré. Ce dernier a été intercepté, alors qu'il tentait de sortir de la foule en dissimulant un revolver. Le fils de Raymond Vergès et ses camarades sont accusés d'être les auteurs et complices de ce crime. Raymond Orré arrêté en possession de l'arme, Bourdageau rédacteur en chef de Témoignages et Quessoi.

Alexis de Villeneuve tué le 25 mai 1946

25 mai 1946. Dans la soirée alors que le docteur Vergès échappe de justesse à un guet-apens qui lui est tendu sur la route de la Montagne, son fils Paul Vergès, revenu dans l’île le 6 mai après avoir participé à la libération de la France, est arrêté. Il est accusé d’être le meurtrier de De Villeneuve. Paul Vergès est condamné par les assises en juillet 1947 puis amnistié par le pouvoir politique. Paul Vergès est resté en prison durant 14 mois. Au cours de l’enquête, il devait apparaître que les douilles des projectiles tirés lors de l’agression provenaient bien de l’arme saisie sur Orre. Et que cette arme était dûment enregistrée auprès des autorités comme appartenant au Dr Raymond Vergès, qui l’avait reçue au titre de la fonction qu’il exerçait. Interrogé par le président de la cour d’assises sur le fait qu’il n’ait pas conservé l’arme, Paul Vergès répond : "Parce que je me sentais menacé par le groupe Vergoz et je voulais avoir les mains libres". Paul Vergès admet donc qu’il a bien eu l’arme du crime entre les mains.

Cet assassinat ouvre une longue période de tensions. Dans les jours qui suivent le meurtre du leader MRP, la situation explosive dans le département s’inscrit à la Une de la presse nationale. Les relations entre le C.R.A.D.S. et le gouverneur se détériorent.

Sur le site : Procès de Paul Vergès à Lyon juillet 1947 pour le meurtre d'Alexis de Villeneuve.

C'est la première fois qu'un candidat paie de sa vie, jusqu'à présent les tués étaient des électeurs. Raphaël Babet appelle les électeurs à voter pour lui, pour condamner " cet acte lâche commis par leurs adversaires ". Il se pose en champion de la non violence électorale.


Les résultats des élections législatives de juin 1945.

2 juin 1946, dans la seconde circonscription, la mobilisation (74% des inscrits) joue en faveur de Raphaël Babet. Il devance son adversaire Léon de Lepervanche d'un peu plus de 2000 voix. Son élection à la seconde Assemblée Constituante est validée le 4 septembre 1946. Le scrutin dans la 1ère circonscription est reporté au 16 juin.

16 juin 1946. Marcel Vauthier qui remplace le défunt Alexis de Villeneuve dans la première circonscription l'emporte sur Raymond Vergès avec 19 149 voix sur 30 991 suffrages exprimés, Vergès 11 596 voix. Marcel Vauthier dans sa profession de foi expose qu'il oeuvrera pour que la Réunion soit " un département bien français. Il nous appartient de contribuer à faire de notre Grande Patrie une France plus forte et de notre petite colonie colonisatice, un département bien français ".

Les deux candidats communistes sont battus, le journal La Démocratie conclut " le coup de révolver qui a abattu de Villeneuve a tué en même temps le communiste locale ".

Raymond Vergès connaît un double échec. Il perd son siège à Assemblée Constituante, ainsi que son fauteuil de premier magistrat de Saint Denis conquis par Jean Chatel.



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