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Jean
Louis Marie Minot est né à Combre dans le département
de La Loire, le 8 décembre 1783.
Il fait son noviciat sacerdotal
au séminaire de Lyon. Après son ordination, l'abbé
Minot est placé comme vicaire dans la paroisse de Perreu, par la
suite, il est Prêtre à Régnié-Durette dans
le département du Rhône.
11 janvier 1805, par une
circulaire aux évêques le marquis de Clermont-Tonnerre ministre
des Cultes demande de désigner six prêtres pour Bourbon (
La Réunion ), en effet il faut reconstituer le personnel missionnaire
au lendemain de la Révolution.
Le Père Minot est
désigné par l'évêque de Lyon avec le Père
Pastre, les quatre autres sont de quatre diocèses différents,
le Père Dutrouy de Paris, le Père Guilloteau d'Angers, le
père Fiard de Meaux, et le Père Barré de toulouse.
Ils arrivent à Bourbon,
le 18 mai 1817, accompagnés de cinq missionnaires, mais débarquent
du navire de guerre le Golo venant de Rochefort que cinq prêtre,
le sixième le Père Barré est resté à
l'île de France ( Maurice ).
Les cinq prêtres vivent
quelque temps en communauté à Saint-Denis.
Dans le courant de l'année
1817, le Père Minot est envoyé à la paroisse de Saint-André,
qui suite aux évènement octobre 1794 se retrouve sans église,
elle a été détruite sur ordre de l'assemblée
en 1795.
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Le
Père Minot s'attache immédiatement à la construction
d'un nouveau sanctuaire. Sa tache n'est pas facile, le curé fait
appel aux habitants pour reconstruire le nouveau édifice. L'église
est bénie le 30 novembre 1821, puis consacrée en juin 1852
par Mgr Desprez, premier évêque de la colonie.
A deux reprises le père
Minot occupe à Bourbon les fonctions de Vice-Préfet.
M. l'abbé Minot décédé
à Saint-André le 11 mai 1856.
Son éloge funèbre est prononcée dans l'Église
de cette Paroisse par , Monseigneur
Florian Desprez, évêque de Saint-Denis, en présence
de M. le Gouverneur Louis
Henri Hubert Delisle .
Extrait :
... " En abordant ces
rivages, le Pére Minot a compris les nombreuses difficultés
de sa mission. Nouveau soldat de Jésus-Christ, y avez-vous bien
réfléchi ? Vous sortez à peine des rangs de la nouvelle
milice, vous n'êtes pas aguerri à ces nouveaux combats du
Seigneur ; pourrez-vous soutenir l'honneur de cette courageuse entreprise
? Mais l'abbé Minot a sondé son cœur, et il le croit
assez vaste pour contenir la population de la colonie tout entière.
Famille immense. mes frères, sinon par le nombre, du moins par
la diversité des rangs et des conditions; ici la distinction de
la naissance et de la richesse, la l'obscurité d'un rang que le
préjugé proclamait abject ; et dans cette famille si variée,
des cœurs malades, des âmes en péril, la faiblesse qui
succombe, l'ignorance qui blasphème, l'indifférence qui
oublie. l'orgueil qui se raidit. de tous côtés des rebelles
et des aveugles. Et pour gagner la confiance de cette foule inquiète,
pour la conduire au bien, dites nous, apôtre intrépide, quels
moyens emploierez-vous ? Mes frères, la parole de charité
et surtout l'exemple, le Père Minot n'en connaît pas d'autres.
De la cette sollicitude de
tous les instants qui ne connut jamais de fatigue, que le plaisir ne put
distraire, que nul sommeil ne put endormir. Mais venez habitants des quartiers.
suppléez à notre insuffisance ; venez, pauvres que sa main
a nourris, affligés que sa voix a consolés, innombrables
néophytes qu'il a éclairés du flambeau de la Foi,
venez et montrez au grand jour ces œuvres de zèle et de charité
que l'humilité du bon prêtre a couverts de son voile. Ah!
si pendant un quart de siècle le nom du bon Père Minot a
été en bénédiction sur toutes les lèvres,
c'est parce que son cœur a ressenti toutes les misères, c'est
qu'il a compati à toutes les faiblesses.
C'est surtout dans la paroisse
de Saint-André que j'aime à dépeindre le bon pasteur
selon l'Evangile. Vous le connaissez, mes frères ; le Père
Minot s'était pris d'une affection particulière pour ce
quartier, il l’aima, il le para comme on pare une épouse
chérie. Le quartier n'avait pas d'église ; pour en construire
une il fallait un homme intelligent, actif, désintéressé,
un homme qui, par la haute confiance qu’inspiraient son caractère
et ses vertus, provoquât le concours des fidèles a l'œuvre
méditée. Avouons-le, il y avait là de quoi étonner
un courage ordinaire; car pour élever l'édifice, pour en
disposer les matériaux. que de travaux et de fatigues ! La grandeur
de l'entreprise ne saurait effrayer le pasteur intrépide: il se
met à l'œuvre. Voyez-le, debout avant l’aurore, les
reins ceints, aidant de ses bras à descendre de la montagne le
bois qui doit servir à la construction. Chacune des pierres de
l'édifice a été cimentée de ses sueurs, plusieurs
même ont été arrosées des larmes de la contradiction,
car. mes frères, les bienfaits eux-mêmes rencontrent parfois
de l'opposition. Pour faire du bien aux hommes, il faut quelquefois lutter
contre eux. Le Père Minot en fit l'épreuve. A travers les
nuages que le temps a déjà répandus sur cet événement
lointain, on recueille encore quelques souvenirs des contradictions qu'il
eut à essuyer. Mais sa prudence et sa fermeté triomphèrent
de tous les obstacles. Déjà le temple est achevé
et le pasteur orne le sanctuaire d'autels précieux ; de nombreux
vases d'or et d'argent étincellent de toutes parts, et les ornements
sacerdotaux rivalisent de richesse avec ceux de nos grandes églises
de France.
L'édifice spirituel
des âmes ne préoccupait pas moins le Père Minot. Son
cher troupeau, c'était sa joie, sa gloire et son bonheur. Paroissiens
de Saint-André, les vingt années qu'il a passées
au milieu de vous ne sont qu'un jour ; jour de joies et de douleurs, de
larmes parfois amères et d'ineffables délices. Les événements
qui les ont remplies, ce sont des vertus, ce sont des œuvres de charité
et de religion. L'orphelin recueilli, les pauvres vêtus, les veuves
et les vieillards nourris, les tribunaux de la pénitence fréquentés,
la salle du festin plus pleine, la brebis rapportée sur les épaules
du pasteur, la jeunesse préservée, Zachée converti.
Lazare ressuscité : voila les fruits de cette vie pure et simple,
voilà les éléments du panégyrique que toutes
vos bouches prononcent.
Et toutefois, mes frères,
dans cette uniformité de vertus familières et d'héroïsme
quotidien. que de traits nous échappent! que d'actions dignes d'être
publiées sur les toits et qui demeurent cachées dans les
ténèbres. Pour beaucoup de faits, la vie du P. Minot est
un sanctuaire fermé, ouvert seulement du côté du ciel.
Mais ces œuvres ne sont pas perdues, les anges en ont vu les richesses,
Dieu en a aspiré l'encens, et peut-être que déjà
il les a récompensées.
Mais voici l'heure où
cette belle vie va finir. Depuis de longues années un mal cruel,
fruit de ses travaux et de ses fatigues, semblait ruiner lentement l'existence
du P. Minot. En proie à d'horribles douleurs, il continuait encore
a se rendre au confessionnal et à offrir chaque jour le Saint-Sacrifice.
Mais dans cette coupe dernière que la divine Providence lui offrait,
elle mêlait avec sagesse l'amertume et la douceur: l'amertume pour
achever de purifier cette âme déjà si pure, la douceur
pour lui donner un avant-goût des éternelles délices.
Le bon Père Minot
n'est plus et dans son indigente cellule que trouvera-t-on ? un crucifix
et quelques livres : les meubles et les nippes du défunt atteindraient
a peine une valeur de quelques centaines de francs. Le vertueux prêtre.
. . il avait eu le cœur plus grand que la main, il avait fait de
son vivant l'Église et les pauvres ses héritiers. Je crois
facilement mes frères, que n'ayant plus rien à donner le
charitable prêtre aurait volontiers engagé pour les pauvres
sa mémoire, et que pour eux il aurait hypothèque sa tombe.
Je m'explique maintenant,
mes frères, et ce deuil solennel de toute la population, et cette
affliction générale que je lisais sur tous les visages.
lorsque tout à l’heure, au milieu de la foule muette et consternée,
la dépouille mortelle du pasteur entrait pour la dernière
fois dans ce sanctuaire que ses pas bienfaisants avaient si souvent parcouru.
Je comprends pourquoi de toutes les maisons et de toutes les bouches sortent
en ce moment des voix de vénération, de respect et de reconnaissance.
Je m'explique enfin pourquoi notre bon Gouverneur, faisant trêve
aux occupations parfois si impérieuses de sa charge. a voulu venir
joindre sa douleur a la douleur commune.
Mes frères, ma tache
est remplie. Mais je sens que je suis resté au-dessous de mon sujet.
Tous maintenant, allons déposer les restes du vénéré
Père dans ce caveau qu'il s'est lui-même préparé.
Du fond de cette tombe, il continuera a vous parler et a vous instruire:
ses œuvres lui survivront, ses exemples resteront comme un précieux
héritage, son nom seul sera toujours une leçon de vertu.
Bon Père Minot, vertueux prêtre de Jésus-Christ, pasteur
de ce troupeau, et aujourd'hui, nous l'espérons, glorieux habitant
du Ciel, réuni a la foule de tant de saints prêtres, recevez
nos adieux..." les adieux de votre Evêque qui vous vénérait
comme un père, les adieux de tous ces prêtres dont vous avez
été le modèle, les adieux de cette paroisse désolée
dont vous avez été le digne pasteur, les adieux même
de tous les anges qui habitent ce sanctuaire que vous avez construit.
Adieu, prêtre saint, pasteur fidèle, père de tant
d'âmes, tendre ami des pauvres, adieu ! "
Le Père Minot est inhumé dans
l'église
de Saint-André, un décret de l'Empereur en avait accordé l'autorisation.
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