Le
Gros Morne qui culmine à 3019 mètres vient de s'effondrer sur un de ses
versants. l'îlet du Grand Sable dans le cirque de Salazie vient, en moins
de cinq minutes, d'être rayé de la carte de la Réunion.
Les 63 habitants sont ensevelis
vivants. Ce même jour à dix sept heures trente, à quelques pas de la catastrophe,
une famille de six personnes, leur maison, leurs cours, leurs animaux
en réchappèrent miraculeusement. Ils seront transportés sur 200 mètres
par un glissement horizontal du sol.
La colonie fut plongée dans
un véritable "saisissement". Une commission fut chargée d'étudier les
causes de cette catastrophe. Son rapport n'était pas encore rédigé et
les esprits des habitants pas encore remis que la nuit du mardi au mercredi
22 septembre fut terrible. En quelques heures une trombe d'eau s'abat
sur l'Est et le Nord provoquant des dégâts considérables. La série noire
va se poursuivre.
En 1875, les textes votés
par la Constituante apportent quelques modifications dans la vie politique
locale. La Réunion ne sera plus désormais représentée que par un député
et un sénateur.
La nouvelle année, 1876,
démarre par un cyclone qui achèvera la désolation, la misère et la ruine.
Le dimanche 9 avril 1876,
c’est sans surprise que François
de Mahy apprend dans la nuit sa réélection. Seule ombre à ce tableau
électoral : une forte abstention 23.000 sur 34.000 électeurs inscrits,
soit 67% d’abstentions.
Crise politique en métropole
du 16 mai 1877, Le conflit entre la majorité républicaine et le cabinet
de Broglie aboutit à la dissolution de la Chambre le 25 juin. Avec l’accord
du Sénat, donné le 22 juin, par 149 voix contre 130, Mac-Mahon renvoie
les députés devant les électeurs.
A La Réunion, la nouvelle
de la crise parvient au tout début de juillet, la situation politique
nouvelle mobilise les états-majors et la presse des deux camps. La campagne
électorale est officiellement ouverte sur le sol de la Colonie, le 26
octobre 1877, jour de la publication de l’arrêté par le gouverneur Faron.
Par décret du 21 septembre
1877, les collèges électoraux de La Réunion comme ceux de la Martinique,
de la Guadeloupe et des établissements de l’Inde sont convoqués afin d’élire
un député pour chacune de ces colonies. Le gouverneur Faron fixe au 18
novembre le premier tour de cette élection législative. Beaucoup d’électeurs,
qui ne lisent pas la presse et vivent en dehors des informations nationales,
sont à l’évidence étonnés ou indifférents de savoir qu’ils ont à réélire
un représentant réélu depuis un peu plus d’un an. Le 18 novembre, La Réunion
réélit François de Mahy. La Colonie, avec une participation d’un peu plus
d’un tiers des inscrits, est une fois encore associée à la marche de la
République.
Les scandales liés
à la pratique de l'engagisme :
Plusieurs affaires de maltraitance
de sévices de mort ou de suicide envers des engagés Indiens éclatent dans
la colonie. Comme celle qui agite la propriété de Bussy de Saint-Romain,
à pierrefonds. Il est jugé et condamné à 15 jours de prison et 200 francs
d'amende, alors que les principales charges retenues à son encontre "
des sévices graves ayant entraîné la mort ". Ce jugement, va scandaliser
le consul britannique dans la colonie, et qui, devant la multiplication
de telles affaires saisira le gouvernement royal de Londres.
Interpellé le gouvernement
français demande des comptes au gouverneur Faron. La multiplication des
plaines d'engagés et leur internationalisation achèvent de discréditer
l'administration coloniale. Ulcéré par ce qui se passe dans la colonie,
le gouvernement britannique exige une commission d'enquête internationale
sur la condition des engagés indiens à La Réunion.
Le 17 juin 1876, le gouvernement
français cède à la demande des autorités anglaises. Le 26 juillet 1877,
la commission d'enquête est à pied d'œuvre. Elle est composée pour les
Anglais du major général Sir Frédéric Goldsmith, et pour les français
du capitaine de vaisseau Emile Miot.
C'est par l'arrondissement
du vent que la commission démarre ses travaux qui l'amène à visiter toutes
les communes de la colonie. De retour à Marseille, le 11 novembre 1877,
après un détour à Maurice, les commissaires rendent public leur rapport.
Ces rapports confirment le bien-fondé des plaintes pour l'administration
coloniale. Les jours du gouverneur Faron sont alors comptés.
Totalement coupés de leur
terre natale, placés sous surveillance, voués à des tâches subalternes,
marginalisés, les engagés Indiens ne semblent n'avoir aucun avenir à La
Réunion. Les séjours effectués dans la colonie par les engagés Indiens
sont le plus souvent provisoire, ils repartent souvent en Inde ou vers
d'autres colonies. Cette aspiration au retour est confirmée par l'échec
des mesures et des pressions exercées pour obtenir le renouvellement des
contrats et la stabilité de la main-d'œuvre.
Un pourcentage important
d'engagés refusant d'attendre la fin des engagements, retrouve les conduites
du temps de l'esclavage et recourt au marronnage. La presse locale ne
cesse pas de se plaindre de cette plaie et réclame des mesures de police
que la colonie n'a d'ailleurs par les moyens de prendre.
L'évaluation du phénomène
par le commandant Miot est sans doute la plus vraisemblable. Après avoir
souligné l'impossibilité d'apprécier le nombre exact de désertions et
indiqué que les statistiques sont toutes fausses, il ajoute : "J'estime
que sur 60 000 immigrants, 8 000 sont en désertion et alimentent les engagements
fictifs qui sont la plaie de l'immigration ".
Même si ce chiffre inclut
l'ensemble des engagés, il est significatif de la volonté d'échapper à
la société de plantation. Elle conduit quelques indiens à recourir à la
solution la plus extrême le suicide. Miot met en évidence l'importance
de ce comportement à La Réunion. Il relève en 1875 : 52 suicides à Maurice
et 40 à La Réunion ; en 1876 : 32 à Maurice, 32 à La Réunion, mais pour
250 000 Indiens dans le premier cas et seulement 40 000 dans le second.
La religion hindoue est également menacée dans ces temples. Ils sont accusés
par le clergé de nuire au déroulement du culte dans les églises.
14 janvier 1878, l'île
est dévastée par un cyclone. Des familles entières ont disparu, entraînées
par les torrents. Une cinquantaine de morts dans l'île.
Déjà accablé par deux catastrophes,
mis en cause par son gouvernement centrale pour la mauvaise tenue de son
administration, accusé par les propriétaires fonciers d'être incapable
de défendre les intérêts de la colonie, le gouverneur Pierre Aristide
Faron demande d'être relevé de ses fonctions et quitte La Réunion le 28
avril 1879. Le 25 janvier 1879, Pierre
Etienne Cuinier est nommé gouverneur de La Réunion, il prend ses fonctions
le 3 mai 1879.
Pierre Aristide Faron décède
le 29 octobre 1889
à Nantes. Il est enterré au Cimetière Montparnasse,
19ème div. - 1. Paris 14ème.
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