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1729, Bourbon connaît pour la première fois le visage de l'épidémie, après
avoir accueilli des esclaves originaires de l'Inde, porteurs du germe
de la variole. La maladie, qui se révèle de manière sporadique en avril,
prend vite un caractère épidémique. De mai à octobre, elle sévit d'abord
à Saint-Denis, lieu de débarquement des individus infestés, avant de se
développer à Saint-Paul et au quartier de la rivière Saint-Étienne. L'épidémie
fait 1500 victimes, 800 à Saint-Denis, cela nécessite la
création d'un nouveau cimetière à Saint-Denis, celui
datant de 1700
se trouvant près de l'église est abandonné, le nouveau
cimetière situé hors des limites de la ville, au pied des
remparts de La Montagne, vers la Redoute est consacré le 30 juin
1729, par Monseigneur Criais.
L'administration de Pierre
Benoît Dumas est marqué par un complot d'esclaves, avorté
suite à une dénonciation. Février 1730, les esclaves
ourdirent une redoutable conspiration contre les blancs, dans le but de
massacrer ceux-ci et de s'emparer de la colonie. Les principaux conspirateurs,
déférés au Conseil national et général
de l'île, furent condamnés à être rompus vifs
sur un échafaud dressé en place publique, mis sur une roue
pendant deux heures, et étranglés de nuit par l'exécuteur
des hautes oeuvres.
L'exécution eut lieu
le 25 et 27 février 1730, à Saint-Denis, à cinq du
soir. Les dénonciateurs du complot, au nombre de quatre, reçurent
la liberté pour prix de leur action. La rigueur dont on usa envers
les agitateurs jeta de vives inquiétudes dans leur esprit. Les
complices, effrayés, se retirèrent dans les solitudes ou
sur les normes ; afin de se soustraire à la vengeance des lois
; et pour ramener le calme dans la population noire, l'administration
fut contrainte d'étendre le pardon sur ceux qui étaient
impliqués dans la révolte.
27 février 1730, le Conseil général
prit la résolution suivante :
" Voulant empêcher
désormais les noirs de la colonie d'entrer dans aucune conspiration
pareille, et considérant que le grand nombre d'anciens noirs qui
sont complices et effrayés des supplices de leurs camarades, ont
pris le parti de se sauver dans les bois ; que la frayeur et le trouble
répandus dans l'esprit de tous ; qu'ils s'imaginent qu'il n'y a
nulle grâce à espérer pour eux, et que notre intention
est de faire périr tous les coupables les uns après les
autres ; que, dans ces dispositions, ils pourraient prendre quelque parti
très préjudiciable à cette colonie, le Conseil a
cru et jugé qu'il convenait de leur donner des marques de sa bonté
et de sa clémence, afin de les rassurer et de leur faire connaître
que notre intention n'est de punir que les plus coupables, en faisant
comprendre cependant à tous les noirs qui ont participé
ou su cette conspiration qu'ils méritaient la même punition
pour y avoir consenti et n'avoir pas averti les chefs ou leur maîtres.
"
Le 17 juillet 1730,
le capitaine pirate Olivier
Levasseur, dit la Buse est exécuté. Capturé à Madagascar, dans la
baie d’Antongil en avril 1730. Il s’est simplement jeté dans la gueule
du loup en montant à bord du navire de la Compagnie des Indes chargé de
l’interpeller, La Méduse du commandant D’Hermitte. Quand la Méduse aborde,
La Buse s’imagine oublié, rangé des navires, amnistié de fait. Il n’en
est rien. Jeté aux fers, il est débarqué à Saint-Denis où il est reçu
par le gouverneur Pierre Benoît Dumas.
Le nouveau gouverneur tient
à tourner une page d’histoire en mettant à mort la dernière grande figure
vivante de la piraterie. Le 7 juillet jugé notamment pour l'abordage de
la Vierge du Cap en rade de Saint-Denis en 1721,
La Buse est condamné à la potence. La sentence fut exécutée le 17 juillet
1730 à 17 heures. Le cadavre resta sur le gibet pendant 24 heures, puis
exposé au bord de la mer. La Buse fut inhumé à Saint-Paul.
Pierre Benoît Dumas lance
la véritable colonisation du Sud de Bourbon, 244 concessions sont attribuées
pendant ses huit années d'administration. En 1730, les habitants du quartier
de la rivière d’Abord réclament une église pour leur service. Devant leur
insistance, la construction d’une chapelle est décidée sur la rive gauche
de la Ravine Blanche. Elle prend le nom de Saint-Pierre, l’un des prénoms
du gouverneur, cette première église ouvre ses portes le
7 janvier 1732.
Pierre Benoît Dumas fait
entreprendre par Pierre Boisson et Abraham Muron le construction d'une
chemin reliant Saint-Denis au lieu dit La Possession. Ce tracé sinueux
de trente kilomètres décidé le 16 juin 1730, allait devenir la route de
La Montagne.
Le 27 décembre 1730 est publié
un édit autorisant le gouverneur Dumas de siéger, à sa demande, uniquement
à Bourbon. Nicolas de Maupin est nommé à cette date gouverneur de l'Ile
de France (jusqu'à juin 1735).
L'île continue d'accueillir
de nouveaux habitants. En 1731,
arrive à Bourbon 30 faux-sauniers ( paysans contrebandiers ) sur le Royal
Philippe et La Sirène. Des paysans bannis de France, ils vont contracter
des engagements de trois ans auprès des employeurs de l'île. Intelligents
et travailleurs, ils assumerons les tâches de commandeurs sur les habitations.
Le 11 mars 1732,
le gouverneur Dumas donne l’ordre à Choppy-Desgranges, commandant de dresser
le plan, projet en damier, de la ville de Saint-Pierre. Deux plans sont
alors proposés, le premier le 17 mars par Desgranges et le second, le
6 août de la même année, par Antoine de Bavière. Aucun ne sera retenu,
les habitants des Hauts et des Bas ne réussissant pas à se tomber d'accord.
10 juillet 1732, Pierre Benoît Dumas
réunit une Assemblée à Saint-Paul des principaux
habitants des différents quartiers. Cette assemblée décide
d'accepter l'imposition des quatre onces de café par arpent de
terre cultivable, mais refuse les autres impositions de la Compagnie des
Indes. Toutes les autres redevances sont supprimées. Cependant
les habitants continuent à fournir deux journées de corvées
par tête d'esclave pour la construction et l'entretien des chemins
et les travaux publics. Chaque habitant qui possède plus d'un esclave
doit en fournir un autre pour travailler aux bâtiments et fortifications
et celui qui a une concession et des esclaves doit payer trois piastres
pour fournir des volailles aux vaisseaux de la Compagnie.
10 octobre 1732, Dumas instaure
le couvre-feu à Saint-Denis pour mettre fin à l'insécurité
en ville. Tout Noir trouvé sur la voie publique par les patrouilles
après le coup de canon de retraite, est arrêté et
incacéré.
12 et 13 février 1733,
un cyclone dévastateur s'abat sur l'île.
Le 3 août 1733, il charge
Delisle et Rivière d'ouvrir le tronçon Sainte-Marie Saint-Benoît et la
route reliant Saint-Paul à la nouvelle concession de la Rivière d'Abord
( Saint-Pierre ).
Janvier 1734,
monsieur Teste, curé de Sainte-Suzanne, demande la création
d'une paroisse à Saint-Benoît. Aidé du gouverneur
de l'île, Pierre Benoît Dumas, il obtient un accord du Conseil
Supérieur de Bourbon.
Pierre Benoît Dumas quitte
Bourbon le 8 août 1735
par le duc de Bourbon, il est nommé comme gouverneur de Pondichéry. Le
nouveau gouverneur arrive dans l'île par le même navire, le 12 juillet
1735, c'est Bertrand François Mahé de La Bourdonnais.
Benoît Dumas successeur de
Lenoir à Pondichéry jusqu’en 1742,
s’est vu consacrer Nabab ( gouverneur d’une province de l’empire moghol
) par l’empereur Moghol lui-même, Muhammad Shâh pour avoir sauvé la mère
du gouverneur moghol de Trichinopoly des griffes des Marathes qui ont
envahi le Carnate.
Pierre Benoît Dumas décède
le 29 octobre 1746.
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