Mahé de La Bourdonnais, gouverneur
général des îles de France et de Bourbon aura sa résidence à l'Isle de
France et va nommer à Bourbon de simples commandants sur lesquels il aura
la plus haute autorité :
- Lemery Dumont :
du 2 octobre 1735 au 30 septembre 1739.
- Pierre André d'Héguerty
: du 11 novembre 1739 au 12 décembre 1743.
- Didier de Saint-Martin
: du 13 décembre au 11 novembre 1748.
- Jean Baptiste Azémas
: du 15 mai 1745 au 31 octobre 1745.
Bertrand-François
Mahé de La Bourdonnais qui réside à l'Isle de France
( île Maurice ) achète la propriété de Mon
Plaisir ( Jardin de Pamplemousses ), il y fait construire sa résidence,
et crée un potager et un verger dont les fruits et légumes
serviront à ravitailler les équipages à Port-Louis.
Il fait venir de France du matériel pour construire la première
sucrerie de l'île Maurice au quartier des Pamplemousses.
Il dote Port-Louis, appelé
jusque-là "Le Camp ", d’une infrastructure portuaire,
fait creuser le port, et l’enrichit d’une cale sèche
pour réparer et construire les navires, il y fait aussi bâtir
un arsenal et un hôpital.
En 1740,
alors qu'il se trouve en visite en France suite au décès de son épouse,
il doit faire face à des accusations :
" Quand je demandais
des explications, on me répondait, sèchement et d'un air de mystère, que
beaucoup de gens se plaignaient de moi ... A l'égard des faits allégués
contre moi, voici en deux mots quels ils étaient, et ce que je répondis
dans une lettre à M. le cardinal de Fleury. On m'accusait d'abord d'avoir
excéder les habitants de l'île Bourbon, en exigeant d'eux quantité de
journées de leurs esclaves, sous prétexte de travaux publics, mais pour
les employer en effet à mon profit particulier. Si ce fut eût été vrai,
j'aurais été le plus punissable des hommes ; mais il n'était ni vrai,
ni vraisemblable. Ce fut pour faire des ouvrages très pressants et ordonné
par le ministère que, par une délibération du conseil de 16 août 1736,
il fut arrêté que les habitants qui avaient des noirs en fourniraient
un sur vingt. Cela fut exécuté, et ces noires furent en effet employé
à la construction de la batterie de Saint-Paul et de la loge Saint-Denis.
La délibération et son exécution ont été approuvées par la Compagnie.
J'observai même que je fis tenir un registre des journées de ces noirs,
afin que la Compagnie pût les payer, et elle l'a fait. D'ailleurs comment
aurais-je pu les employer ces noirs à mon profit particulier, moi qui
n'ai jamais eu un pouce de terrain dans l'île Bourbon, et qui jamais,
par conséquent, n'y ai fait le moindre ouvrage pour mon compte ? On voit
par là combien la calomnie est grossière.
En voici encore une autre
qui ne l'était pas moins. On m'accusait de m'emparer, de concert avec
quelques autres chefs, de toutes les marchandises que la Compagnie envoyait
tous les ans à la colonie, et de les faire vendre par des personnes interposées,
à 200, 300 et quelquefois 400 pour cent de bénéfice au-dessus du prix
fixé. La fausseté de cette accusation se trouvait démontrée par deux preuves
écrites auxquelles il n'y avait point de réplique : l'une était l'état
de la distribution des marchandises, envoyé à la Compagnie par le Conseil
; l'autre se tirait elle des livres même de la Compagnie, où la quantité
des marchandises qu'elle avait envoyées chaque année se trouvait marquée
avec le nom de ceux à qui ces marchandises avaient été distribuées au
prix fixé. Il en était de même d'un article d'accusation concernant les
nègres. On osait assurer que je m'étais emparé de tous les nègres que
la Compagnie envoyait aux îles pour être vendus sur le pied de trois cent
livres chacun, et que je revendais à deux ou trois cents pour cent de
bénéfice. L'accusateur fut encore ici convaincu d'imposture, par le relevé
de mon compte fait par la Compagnie elle-même. Il était bien avéré que,
pendant le temps de mon gouvernement, je n'avais acheté qu'environ trente
nègres pour me servir de domestiques, et non pour les revendre. Loin d'en
avoir jamais vendu aucun, je les avais donnés à différentes personnes
lorsque je quittai l'île. On prétendait enfin que la Compagnie ayant envoyé
à l'île Bourbon des sols marqués pour y avoir cours comme en France sur
le pied de deux sols, je leur avais, de mon autorité privée, donné cour
sur le pied de trois sols ; en sorte que je profitais, disait-on, d'un
tiers sur la valeur de ces espèces. "
Comme la Compagnie était
plus en état que personne de connaître le vrai ou le faux de ces différents
chef d'accusations, le ministre donna ordre aux directeurs de les vérifier
et lui faire un rapport.
Ce rapport fut fait, et par
un écrit signé des directeurs et remis aux ministres, la Compagnie après
des recherches exactes et un sérieux examen, reconnut et attesta que toutes
ces imputations étaient fausses.
La Bourdonnais est obligé
de repartir pour l'Inde pour faire face à la Marine britannique, il est
porteur tant de la part du gouvernement de sa majesté que de la Compagnie
des Indes, des ordres les plus précis pour commander toutes les forces
navales dans l'Inde.
Il quitte la France le 5
avril 1741,
il commande un vaisseau du Roi, le Mars, cinq navires de la Compagnie
l'accompagne :
Le Fleury, de cinquante-six
canons, Le Brillant et l'Aimable de cinquante chacun, La Renommée, de
vingt-huit et La Parfaite de seize.
13
août 1742. Pour défendre les intérêts de la Compagnie aux Indes,
Mahé de La Bourdonnais souhaitait enrôler 400 Noirs de l'île Bourbon,
afin de combattre aux côtés des Volontaires de Bourbon. Dans une lettre
du 13 août 1742, il précise :
" je n'ai besoin
que de quatre cents Noirs fidèles, parlant français, aussi propres que
des Blancs pour tirer sur une manœuvre et sur un palan de canon... Il
est de notoriété publique qu'un Noir n'apporte de revenu annuel que 150
livres, nourri et entretenu. Or, sur ce principe fondé sur l'expérience,
on peut en prendre en payant 150 livres par an, si le maître veut que
nous le gardions un an, ou 15 livres par mois, si le maître ne le veut
laisser que le temps que nous en aurons besoins". La Bourdonnais
accepte de remplacer un Noir mort au combat par deux Noirs, et un estropié
par un Noir.
Il délivre Mahé à nouveau,
le 21 novembre 1742, Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais fit prendre
possession des Seychelles au nom de Louis XV, position stratégique des
îles du nord, sur la route des Indes. Le commandant Lazare Picault débarque
avec ses hommes le 21 novembre 1742 sur l'île portant aujourd'hui le nom
de Mahé. Ils baptisent alors l'archipel « Iles de La Bourdonnais ». Quelques
familles française des îles de France ( Maurice) et de Bourbon ( La Réunion
) s'y établirent et commencèrent la colonisation.
Il se porte au secours de
Joseph François Dupleix bloqué à Pondichéry. N'ayant pas reçu de France
les renforts attendus, La Bourdonnais prend la mer avec une flottille
de la Compagnie et, malgré de faibles ressources, il bat le 6 juillet
1746,
la flotte de lord Peyton à la hauteur de Négapatam.
Arrivé à Pondichéry, le 8
juillet 1746, il libère le général Dupleix mais il se trouve en opposition
de vues avec celui-ci. Dupleix voulant conserver la place alors
que La Bourdonnais désire la rendre contre rançon.
Le 24 septembre 1746, il
reprend Madras au terme d'un siège où pratiquement aucun coup de feu n'est
tiré. La Bourdonnais refuse de brûler Madras et propose de la ville
aux Britanniques contre 9 millions de livres. Il sera accusé d'intelligence
avec l'ennemi.
Ce coup d'éclat lui vaut
l'inimitié de Dupleix. Capturé par les anglais le 2 janvier 1748,
il est libéré le mois suivant et regagne Paris.
Arrêté pour spéculation et
mauvaise administration. Il est emprisonné à la Bastille du 3 mars 1748,
il n'est jugé qu'en février 1751.
Acquitté, il souffre des
séquelles de son emprisonnement et il est accablé par la perte de sa propriété.
Jusqu'à la fin de sa vie, il continuera à porter des accusations mensongères
en vue de discréditer Dupleix.
Mahé de La Bourdonnais décède
le 10 novembre 1753
à Paris. À sa mort, le roi alloue à sa veuve une pension de 2 400 livres.
L'île principale des Seychelles
porte son nom, sa statue est ancrée à terre, face au Port-Louis, à l'île
Maurice, et au Barachois de Saint-Denis, et un village, Mahébourg, perpétue
sa mémoire sur l'ancienne île de France.
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