Histoire de La Réunion année 1957, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1957.

Histoire de La Réunion année 1957

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2 juillet 1957 décès de Raymond Vergès. Le mardi 2 juillet 1957 à 12 h 35, Raymond Vergès entouré de sa femme, de son fils Paul et de sa belle-fille, de son médecin le docteur Beauté, s'éteint à Saint-André.

Raymond Vergès.

4 juillet 1957, inauguration du centre hospitalier Félix-Guyon à Bellepierre quartier de Saint-Denis, plus souvent nommé CHD de Bellepierre. Le préfet Perreau-Pradier déclare en l'inaugurant : "Tandis que d'autres pays songent à augmenter le nombre de leurs machines de guerre, la France, elle, continue à ouvrir des hôpitaux. C'est là le signe d'une nation de civilisation, de paix et de bonheur.". De facture résolument moderne, très bien aéré et climatisé, il a une importante capacité d'accueil qui ne cessera de s'accroître tous les ans : de nouvelles ailes viendront en effet souvent s'ajouter au corps de bâtiment originel. Pourvu de tous les perfectionnements de la technique médicale moderne, il compte parmi les ensembles hospitaliers les plus importants de France, et est le tout premier de l'océan Indien : de nombreux Mauriciens, Malgaches, ou Africains viendront en effet s'y faire soigner.

30 août 1957, victime d'un arrêt cardiaque, le député du Rassemblement des gauches républicaines, Raphaël Babet décède dans sa ville de Saint-Joseph. Le préfet anti-communiste Perreau-Pradier, met tout en oeuvre pour contrer le parti communiste qui a les deux autres sièges de la députation avec Paul Vergès et Raymond Mondon. Le remplacement de Babet doit s'effectuer par une législative partielle en novembre. Dans ce scrutin à la proportionnelle le contrôle des mairies est décisifs.

Jean Perreau-Pradier.

Perreau-Pradier s'attache tout d'abord à reprendre la mairie de Saint-André suite au décès du maire Raymond Vergès. Obtenant tout d'abord la démission de huit conseillers non communistes, le préfet nomme une délégation spéciale autour d'Armand Barau, directeur de l'usine sucrière de Bois Rouge. Puis il soutient la candidature de Jean Ramassamy qui enlève la mairie par un véritable coup de force électorale le 15 septembre 1957. La liste communiste dirigée par Paul Vergès, avec seulement 2,3 % des voix, n'obtient aucun conseiller.

14 novembre 1957, soit trois jours avant l'élection législative, Perreau-Pradier dissout la municipalité communiste de La Possession et la remplace par une délégation spéciale.

17 novembre 1957, législative partielle, Marcel Cerneau obtient 67 452 voix sur 93 414 suffrages exprimés, il est élu député face au communiste Jean Hinglo. Les communistes déposent un recours en annulation de l'élection législative. L'assemblée nationale débat de la question le 18 février 1858. voir année 1858.

Jacques Duclos président du Groupe Communiste relate les faits concernant les élections législatives en répondant à Georges repiquet au sénat le 8 décembre 1964 :

" ... C'est pourquoi je veux souligner que, lors des élections législatives du 17 novembre 1957, on put noter les faits suivants, parmi beaucoup d'autres : des transferts illégaux de milliers d'électeurs de la liste électorale d'un bureau de vote à la liste électorale d'un autre bureau de vote, souvent distant de plusieurs kilomètres, furent effectués. Il en fut ainsi à Saint- André où 1.200 électeurs furent inscrits à Champ-Borne, commune de Saint-André, c'est vrai, mais localité à cinq kilomètres de distance. Des électeurs de Saint-Louis-ville furent inscrits à la Rivière, commune de Saint-Louis, certes, mais à cinq kilomètres de leur domicile, tandis qu'un grand nombre des électeurs de la Rivière étaient inscrits à Cilaos, agglomération relevant également de la commune de Saint-Louis, mais située encore plus loin de leur résidence. De plus, j'ai noté que ces transferts arbitraires concernaient souvent des personnalités connues et même des conseillers municipaux.

A la protestation des électeurs, on opposa le refus de communiquer les listes électorales, et cela en violation de - l'article 41 du code électoral. Le prétexte invoqué était que les listes électorales se trouvaient à la préfecture. Notons au passage que le préfet certifia l'authenticité des listes électorales remaniées illégalement par les maires sans prendre la peine de les comparer avec celles qui avaient été utilisées le 2 janvier 1956. Cela ne suffisait pas, le sabotage de la distribution des cartes électorales fut sciemment organisé. A Saint-Benoît, le procès-verbal de la commission de distribution précisait que 1.447 cartes seulement sur 5.285 avaient été distribuées. A l'Entre-Deux, la distribution commencée le 15, soit deux jours à peine avant le scrutin, fut arrêtée le même jour à seize heures. On pourrait citer beaucoup d'autres exemples de même nature auxquels s'ajoutaient les atteintes à la liberté de réunion, les agressions de bandes armées et les campagnes d'excitation menées dans la presse locale. C'est ainsi qu'un journal n'hésita pas à écrire le 15 septembre 1957.

" Le député Vergès doit être battu, écrasé comme le serpent venimeux doit être tué sans scrupule. " Cette formule, " sans scrupule " dépeint bien l'état d'âme du gang des fraudeurs qui sévit à La Réunion et tout naturellement, lorsque vint le jour du scrutin, la fraude électorale se donna libre cours. Avant même la constitution des bureaux, menaces et agressions se multiplièrent comme en témoignent les faits que je vais citer. A Salazie, les assesseurs et délégués du candidat Hinglo furent assommés dès leur arrivée. A Mont-Vert-les-Haut le président déchira la procuration d'un assesseur et, aidé de trois nervis, le frappa et l'expulsa du bureau de vote. A l'Entre-Deux les assesseurs et délégués du candidat M. Hinglo furent assaillis, frappés et expulsés. Les électeurs présents protestèrent. Un seul bureau de vote fut ouvert et fonctionna, à partir de quatorze heures quinze seulement. Mais tout était préparé d'avance ; et, malgré le peu de temps durant lequel le bureau de vote fut ouvert, le pourcentage des votants n'en fut pas moins de 93,9 p. 100. Les urnes avaient été bien bourrées !

A Sainte-Suzanne, commune dont le maire est notre collègue M. Repiquet, dès l'ouverture le vote se fit sans passage par l'isoloir. Le délégué de M. Hinglo et ce dernier, de passage à ce moment-là, protestèrent. Mais le président du bureau de vote, qui n'était autre que M. Repiquet en personne, répondit que le passage par l'isoloir n'était pas obligatoire. Quand j'ai lu cela je pensais à une séance de la Chambre des députés à laquelle j'avais eu l'occasion d'assister avant la guerre de 1914-1918. J'avais alors entendu Jaurès prononcer un discours éloquent pour justifier justement la nécessité de l'isoloir. Je me disais qu'entre Jaurès, qui avait si magnifiquement exprimé le souci de la légalité, de l'équité et de la droiture du suffrage universel, et M. Repiquet il y a un abîme, n'est-ce pas ?

A onze heures et demie, alors qu'il n'y avait pas d'électeurs dans le bureau, le secrétaire, M. Gravina, émargea quand même un grand nombre de noms de délégués. Le délégué de M. Hinglo protesta, mais M. Repiquet, avec un sens bien particulier de l'autorité, le fit expulser par la gendarmerie. Et quand vous êtes venu tout à l'heure, monsieur Repiquet, vous présenter en homme honnête qui combat la fraude, j'avais honte pour vous !

Le délégué expulsé par M. Repiquet fut par la suite expulsé de la Réunion par application rétroactive de l'ordonnance Debré du 15 octobre 1960. Quelles moeurs quand même !

Mais plus grave encore : à la Chaloupe-Saint-Leu — Saint-Leu est une municipalité démocratique — les présidents furent attaqués et assommés par 200 nervis. Les urnes furent enlevées et deux bureaux illégaux furent constitués par les partisans de M. Cerneau. Ces bureaux fonctionnèrent toute la journée. Les autorités avaient été alertées, mais elles n'intervinrent pas. Bien plus, le préfet de l'époque, M. Perreau-Pradier, fit parvenir à ces bureaux de vote des doubles des listes d'émargement pour remplacer celles qui s'étaient « égarées » au cours de l'agression. Il fit ensuite proclamer par radio les résultats de ces bureaux... "

Accident de la circulation, 26 morts, 12 blessés.

Dimanche 10 novembre 1957, le plus terrible accident de la circulation de La Réunion vient de se produire, dans les rampes montant de Saint-Paul vers Saint-Gilles-les-Hauts, à deux pas de la ville, un car, contenant des excursionnistes, a manqué son virage et s'est écrasé 25 mètres en contrebas. Le bilan est très lourd : 26 morts et 12 blessés. Toutes les victimes mortes ou blessées dans la catastrophe étaient domiciliées au Guillaume, à l'exception du chauffeur et de M. Georges Fontaine, domiciliés au Port.

A la suite de la catastrophe, dans le but de subvenir aux besoins des familles dont le chef a disparu, une souscription publique sera ouverte, à l'initiative du "Journal de l'île de la Réunion", en collaboration avec la direction des Oeuvres sociales diocésaines. "Cet appel s'adresse à tous nos lecteurs, écrit le journal. Nous les invitons à participer aussi largement que possible à cet élan de fraternité humaine et de solidarité réunionnaise". Et l'appel sera entendu au-delà de toutes les prévisions les plus optimistes, si bien que les promoteurs de la souscriptions devront retarder la date de clôture. "164 900 francs, écrit le "Journal de l'île de la Réunion", dès le premier jour de souscription. 386 100 francs le lendemain. Le samedi 16 novembre, soit moins d'une semaine après la catastrophe, le million de la solidarité est largement dépassé."

De toute l'île parviennent aux bureaux du journal des mandats, certains confortables, d'autres très humbles. Les administrations, entreprises en tous genres, écoles, foyers, organisent des collectes. Le mardi 19 novembre le "JIR" écrit : "Les deux millions sont dépassés. Nous avons annoncé la clôture de la souscription pour après demain jeudi 21 novembre. Cependant, il est évident que nous devrons repousser de 48 heures cette date, car nous apprenons que de nombreux établissements privés et plusieurs services administratifs font encore circuler des listes pour rendre plus confortable encore le succés de cette souscription...". Le 26 novembre le journal écrit : Plus de quatre millions de francs, tel est le sympathique bilan de l'élan de solidarité des lecteurs et amis du "Journal de l'île de la Réunion"... "Des riches, des pauvres, des intellectuels, des fonctionnaires, des commerçants, des manoeuvres, des ouvriers, des étudiants, des Créoles, des Métropolitains, des Mauriciens, des Chinois, des Musulmans, bref, le résumé de la société réunionnaise, sont venus, heure après heure, jour après jour, donner aux bénéficiaires de notre souscription mille et mille preuves de leur sympathie....

24 novembre 1957, première finale de l'édition de la Coupe de La Réunion de Football. Le Bourbon Club l'emporte 3 - 2 contre l'équipe SS Franco.

8 décembre 1957, élections municipales à La Possession. De nombreux incidents, la liste de droite Morin Dambreville : 1.190 voix, la liste communiste Raymond Mondon : 729 voix.

1957, une femme se distingue et précède toute une génération de Miss au cours de la première élection de Miss Réunion : Monique Hoareau la jeune dionysienne décroche les palmes de la beauté dans la cour de la Rue Rontaunay à Saint-Denis La Réunion, ses dauphines seront Julianne Maunier et Jacqueline Duval.


Décès en 1957 :

- 2 juillet 1957, décès de Raymond Vergès.

- 30 août 1957, décès de Raphaël Babet.

- 6 octobre 1957, décès de Auguste Brunet.



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