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Auguste
Charles Désiré Emmanuel Brunet est né à Saint-Benoît île de La
Réunion le 4 janvier 1878,
il est le fils de Louis
Brunet, maire de Saint-Benoît, journaliste, député et sénateur
de La Réunion.
C’est dans le petit collège
de Saint-Benoît qu’il fit ses premières études jusqu’à la quatrième. Élève
très doué, il remportait chaque année tous les premiers prix.
En 1891, il entre au Lycée
de Bourbon. Son ardeur au travail et ses succès aux examens continuent.
Il obtient chaque année de nombreux prix et passe sa première partie du
baccalauréat en 1893 et la seconde l’année suivante. Ses études secondaires
sont donc terminées et son père fait des préparatifs pour l’emmener en
France et le faire entrer à la faculté de droit de l’Université de Paris.
Le 27 novembre 1894, Auguste
Brunet entre à l’Université de Paris. Il obtient sa licence en droit,
puis son doctorat. En 1897 il est avocat stagiaire à la Cour d'appel
de Paris.
Depuis le début Auguste
Bruné est attiré par l’administration. Attaché au Cabinet
du ministre de l’Instruction publique, il est nommé commissaire-adjoint
à la section coloniale de l’Exposition Universelle de 1900 et secrétaire
de la Commission chargée de préparer la participation du ministère des
Colonies aux missions et explorations.
Par arrêté du 19 juin 1902
et jusqu’au 10 novembre 1905, il est chef adjoint du cabinet civil du
ministre de la Guerre.
1906, Auguste Brunet décide
de poser sa candidature aux élections législatives de sa
terre natale, La Réunion. Il quitte donc la métropole, et se présente
dans la deuxième circonscription contre le grand François
de Mahy. Il est naturellement battu. François de Mahy est élu
avec huit mille voix contre deux mille cinq cents pour Auguste Brunet.
Il retourne donc en France
et demande un poste de Secrétaire Général quelque part dans l’Empire français.
Le 9 juin 1907, le Gouverneur général Roume de l’AOF accepte de le prendre
comme Secrétaire général hors cadre. Le 17 juillet, sa nomination paraît
au Journal Officiel et Auguste Brunet quitte Bordeaux pour Dakar. Il reste
très peu de temps à ce poste. Le 30 août de la même année, il est transféré
au Dahomey dont il devient le Secrétaire général.
Le 8 août 1909 , il est élevé
à la première classe de son emploi et nommé, par décret, Secrétaire général
du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Puis, il est Gouverneur intérimaire
de la Nouvelle-Calédonie et dépendances.
Quelques années plus tard,
par décret, Auguste Brunet est nommé gouverneur de 3e classe et est maintenu
à son poste en remplacement du gouverneur Richard, des Nouvelles Hébrides,
mis en disponibilité. Sa nomination comme gouverneur de la Nouvelle Calédonie
le fait devenir simultanément Commissaire Général dans le Pacifique et
Haut Commissaire de la France dans l’archipel des Nouvelles Hébrides. |
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Le
1er juillet 1914, Auguste Brunet demande l’autorisation de rentrer en
France. Il s’embarque quelques jours après. Mais le 3 septembre, la première
guerre mondiale est déclarée. Bien que, de par ses fonctions de gouverneur,
il était exempté de servir dans les forces armées, Auguste Brunet offre
ses services et contracte un engagement pour toute la durée de la guerre.
Par décision du 22 septembre
1914, il est nommé au grade d’interprète stagiaire de l’armée territoriale
et affecté à la 8e Division Indienne avec le grade de sous-lieutenant.
Il est ensuite envoyé à Belfort où il prend part à la campagne de Serbie.
Il se couvre de gloire sur le champ de bataille et devient lieutenant.
Sa carrière militaire est terminée. Il est mis hors cadre par décision
après avoir reçu le ruban de la Légion d’honneur. Auguste Brunet reprend
donc du service dans l’Administration.
Le 2 février 1918,
il est nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal, avec mission de recruter
des indigènes pour les forces armées. Il s’acquitte une fois de plus tellement
bien de sa mission qu’il est cité à l’Ordre de la Nation.
Il est nommé secrétaire
général du Gouvernement général de Madagascar
et dépendances pour exercer l'intérim du Gouverneur général,
à la mise en retraite anticipée du gouverneur
général de Madagascar Garbit laisse supposer que le poste
va revenir au gouverneur par intérim, le Réunionnais Auguste
Brunet. Or le ministre Albert Sarraut nomme Ollivier, filleul de Gaston
Doumergue, président en exercice au sénat. L'affaire fait
grand bruit et l'opinion réunionnaise crie au scandale car Auguste
Brunet étant plus gradé qu'Ollivier, première classe
contre deuxième classe, le poste aurait dû normalement lui
être attribué. L'opinion réunionnaise insinue que
c'est parce qu'il n'est pas créole que le député
de La Réunion Georges Boussenot n'a pas fait tout ce qui était
en son pouvoir pour empêcher le passe-droit.
Auguste Brunet est pressenti
par les politiciens de la Réunion afin de poser sa candidature à la députation
de l’Ile. Il refuse d’abord, mais revient sur sa décision, se fait mettre
en disponibilité et quitte Madagascar. Lucien
Gasparin et Auguste Brunet composent une liste d’union républicaine
démocratique et de solidarité créole. La profession
de foi des deux candidats exalte " le faisceau des dévouements
suscités par le culte de l'honneur créole, des traditions
d'indépendance et de fierté qui ont donné à
notre Colonie sa physionomie propre..."
10 avril 1924, Auguste Brunet
arrive à La Réunion. Son arrivée est triomphale,
devant une foule dionysienne massée sur la place du gouvernement,
Brunet embrasse Gasparin en lui déclarant : "... Je viens
conclure avec toi le geste d'union indissoluble, à jamais indissoluble,
de la démocratie créole...".
Le 11 mai 1924,
soit à peu près un mois après son arrivée à la Réunion, Auguste Brunet
est élu au scrutin de liste. La liste Brunet, Gasparin l'emporte Il obtient
personnellement 17.231 voix sur 24.521 votants. Les
élections législatives de 1924 à La Réunion.
Inscrit au groupe radical-socialiste,
il entre à la Commission de l'Algérie, des colonies et des
protectorats, à celle de la marine marchande, à celle d'Alsace-Lorraine,
et à la Commission spéciale chargée d'enquêter
sur les conditions dans lesquelles le comité de l'Union des intérêts
économiques est intervenu dans la dernière campagne électorale,
et sur l'origine des fonds ayant servi à tous les partis en 1924.
Son intense activité
sera orientée vers la défense des intérêts
coloniaux et en particulier de ceux de la Réunion, il se fait entendre
sur :
- En 1924, les dommages de
guerre aux colonies, l'inspection des colonies, l'Ecole coloniale, les
chemins de fer coloniaux, le budget de la Réunion, les établissements
hospitaliers coloniaux
- En 1925, sur le budget
des Nouvelles-Hébrides.
- En 1926, la taxe sur les
sucres, l'entretien de l'Ecole coloniale et de l'agence des colonies,
les tarifs des douanes, le chemin de fer de Brazzaville à l'Océan,
le chemin de fer et le port de la Réunion.
-En 1927, l'armée
coloniale.
-En 1928, le recrutement
des hommes des Antilles et de la Réunion.
22 avril 1928, Auguste Brunet
se représente dans la 2e circonscription de la Réunion,
aux élections générales qui ont lieu au scrutin uninominal.
Il est élu au premier tour de scrutin par 8.995 voix contre 5.112
à M. Lougnon. Il reste membre des Commissions de l'Algérie,
des colonies et des protectorats, dont il devient vice-président,
et de la marine marchande et entre à celle des comptes définitifs
et des économies, à celle des boissons, à celle de
la marine militaire, et à celle des finances.
Il prend part aux discutions
:
- En 1928, des budgets des
colonies, de la justice, des services judiciaires et de la loi de finances
de l'exercice 1929.
-En 1929, rapporte la proposition
de résolution sur la catastrophe de la Guadeloupe, intervient sur
les droits de douane sur les sucres.
-En 1930, s'intéresse
aux dégrèvements d'impôts et rapporte le projet de
loi sur l'émission d'emprunts coloniaux.
- En 1931, participe à
divers débats, notamment sur les entreprises de navigation aérienne.
-En 1932, sur le budget des
colonies, et sur la loi de finances de l'exercice 1932.
1 er mai 1932, de nouveau
Auguste Brunet se présente pour la députation à La
Réunion sans la deuxième circonscription, il est réélu
au premier tour de scrutin, par 16.589 voix contre 5.112 à M. Lougnon.
Il siège à la Commission de la marine marchande, à
celle du suffrage universel, et à celle de l'Algérie, des
colonies et des protectorats.
1936, les élections législatives
à La Réunion, la campagne électorale est tendue,
Auguste Brunet et Lucien
Gasparin sont candidats à leur succession, leurs adversaires sont
respectivement René Payet et Albert Lougnon. La campagne est marquée par
de nombreux actes de violence.
Le jour des élections les
passions se déchaînent et la tragédie est au rendez-vous. Au soir des
opérations électorales, entre fraudes et folklore, les armes ont parlé.
La colonie compte neuf morts et cinquante blessés.
26 avril 1936,
il est réélu député de La Réunion au
premier tour de scrutin, sans concurrent, par 19 450 voix.
Son mandat est prorogé
par le décret de juillet 1939,
ce décret prolonge le mandat des députés élus
en mai 1936, jusqu'au 31 mai 1942.
Les élections législatives n’ayant pas eu lieu pour
cause de guerre.
Le 10 juillet 1940, à
Vichy, il vote les pouvoirs constituants au maréchal Pétain.
Mais, son patriotisme, ulcéré par la défaite, ne
peut accepter la coexistence avec l'occupant. Il quitte Paris pour n'y
plus revenir. Installé à Toulon, il se crée une nouvelle
vie au milieu d'amis nouveaux, et poursuit ses travaux d'artiste et d'érudit
grâce à sa bibliothèque de choix. Sa maison est remplie
de souvenirs de son île natale toujours présente à
sa pensée, et de collections rapportées de ses voyages.
Il est reçu à l'Académie du Var dont il devient un
des membres les plus actifs et les plus éminents. Ses nombreuses
conférences sont publiées dans le bulletin de cette société.
En 1945
peu après la signature de la paix, tous les parlementaires français qui
avaient voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain sont frappés " d’ostracisme
" et écartés de la vie politique. C’est un bien rude coup pour Auguste
Brunet qui avait agi en toute sincérité. Aussi c’est une grande joie pour
lui lorsque, en juillet 1953,
tous ces parlementaires sont réhabilités.
1946, la loi du 19 mars 1946
érige la Réunion en département, Auguste Brunet déclare
: Le cycle de " la colonie " est clos. Il écrit :
" En vérité
ce qui fait l'originalité de cette petite terre française,
et sa noblesse, c'est la discipline permanente aux traditions de notre
histoire d'une collectivité qui n'a cessé d'accorder son
âme au rythme de la vie nationale. C'est, peut on dire, sa vocation
de "servir" à 4.000 lieues de la Métropole, le
rayonnement de la Patrie. Et de génération en génération,
elle délègue vers la Métropole et vers l'Empire les
meilleurs de ses fils pour participer aux tâches nationales. Marins,
soldats, poètes, écrivains, hommes de sciences, jurisconsultes,
colonisateurs, elle écrit fièrement sur ses tablettes les
noms de Bailli de Monthion, Bouvet, Amiral Collet, Parny, Leconte de Lisle,
Lacaussade, Léon Dierx, Edouard Hervé, de Mahy, Général
Roland, Juliette Dodu, Bonnier, Ballot-Beaupré, Félix Guyon,
Guist'hau, Lacaze, Joseph Bédier, Rolland Garros, Marius, Ary Leblond,
Jean d'Esme, Barquissau et tant d'autres, confondus dans cette Voie lactée!
" Département français en mission dans la mer des Indes
" a-t-on dit. Cette heureuse et juste image devenue par la loi du
19 mars 1946 réalité officielle. Le cycle de "la colonie"
est clos. "
En 1948 Auguste Brunet est
fait commandeur de la Légion d’honneur.
En, 1954, Auguste Brunet
subit une opération grave. Il subit deux autres opérations les années
suivantes. Malheureusement, ces chocs opératoires avaient gravement affaibli
son cœur. Il a dû renoncer à des activités habituelles et prendre un repos
complet. Le 6 octobre 1957, il se sentit mal tout à coup. Il est conduit
à l’hôpital. Il s’est éteint de façon subite et inattendue, d’une défaillance
cardiaque le 7 octobre 1957. Les funérailles d’Auguste Brunet furent grandioses.
Elles eurent lieu le 10 octobre 1957, en l’église du Sacré-Cœur des Routes,
à Toulon.
Auguste Brunet aussi
un écrivain.
Les débuts littéraires d’Auguste
Brunet datent de 1900. Cette année-là, deux de ses compatriotes, Marius
et Ary Leblond, fondent une petite revue littéraire au titre symbolique
: " La Grande France. " Auguste Brunet est le collaborateur le plus assidu
et le plus fraternel qu’a compté cette petite revue. Il y publie non seulement
ses vers les plus récents mais aussi des articles en prose sur les actualités
littéraires.
En 1920, il publie son plus
célèbre recueil, " Exils dorés ", composé de 20 poèmes.
En 1945, il publie jules
Simon et le problème de la Constitution coloniale " . Écrit dans un style
simple et prenant, cet ouvrage est l’histoire de l’émancipation politique
des Colonies françaises et du rôle prépondérant que Jules Simon y joua.
L’autre ouvrage historique
parut trois ans plus tard s’intitule : Trois cents ans de colonisation
française : La Réunion.
Enfin, en 1952, Auguste Brunet
célèbre à sa façon le centenaire des " Poèmes et Paysages " d’Auguste
Lacaussade et des " Poèmes Antiques " de Leconte de Lisle en publiant
une petit plaquette de vers, " l’Offrande ", en l’honneur de tous les
poètes réunionnais qui avaient fait carrière en France.
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