Auguste Brunet, homme politique, député, écrivain, né à Saint-Benoît La Réunion le 4 janvier 1878.

Auguste Brunet.

- Nom : Auguste Charles Désiré Emmanuel Brunet.
- Naissance : 4 janvier 1878 à Saint-Benoît La Réunion.
- Décès : 7 octobre 1957 à Toulon.
- Fonction(s) :
- Avocat.
- Attaché au Cabinet du ministre de l’Instruction publique.
- Chef adjoint du cabinet civil du ministre de la Guerre.
- Secrétaire général à Dakar.
- Secrétaire général à Dahomey.
- Secrétaire général du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
- Gouverneur intérimaire de la Nouvelle-Calédonie et dépendances.
- Gouverneur des Nouvelles Hébrides.
- Gouverneur de la Nouvelle Calédonie.
- Commissaire Général dans le Pacifique.
- Haut Commissaire de la France dans l’archipel des Nouvelles Hébrides.
- Sous-lieutenant.
- Lieutenant.
- Lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal.
- Secrétaire général du Gouvernement général de Madagascar et dépendances.
- Député de La Réunion.
- Critique littéraire et critique d'art.
- Écrivain.


Auguste Charles Désiré Emmanuel Brunet, né à Saint-Benoît La Réunion le 4 janvier 1878, il est le fils de Louis Brunet, maire de Saint-Benoît, journaliste, député et sénateur de La Réunion.

C’est dans le petit collège de Saint-Benoît qu’il fit ses premières études jusqu’à la quatrième. Élève très doué, il remportait chaque année tous les premiers prix.

Auguste Brunet député de La Réunion

En 1891, il entre au Lycée de Bourbon. Son ardeur au travail et ses succès aux examens continuent. Il obtient chaque année de nombreux prix et passe sa première partie du baccalauréat en 1893 et la seconde l’année suivante. Ses études secondaires sont donc terminées et son père fait des préparatifs pour l’emmener en France et le faire entrer à la faculté de droit de l’Université de Paris.

Le 27 novembre 1894, Auguste Brunet entre à l’Université de Paris. Il obtient sa licence en droit, puis son doctorat. En 1897 il est avocat stagiaire à la Cour d'appel de Paris.

Depuis le début Auguste Bruné est attiré par l’administration. Attaché au Cabinet du ministre de l’Instruction publique, il est nommé commissaire-adjoint à la section coloniale de l’Exposition Universelle de 1900 et secrétaire de la Commission chargée de préparer la participation du ministère des Colonies aux missions et explorations.

Par arrêté du 19 juin 1902 et jusqu’au 10 novembre 1905, il est chef adjoint du cabinet civil du ministre de la Guerre.

1906, Auguste Brunet décide de poser sa candidature aux élections législatives de sa terre natale, La Réunion. Il quitte donc la métropole, et se présente dans la deuxième circonscription contre le grand François de Mahy. Il est naturellement battu. François de Mahy est élu avec huit mille voix contre deux mille cinq cents pour Auguste Brunet.

Il retourne donc en France et demande un poste de Secrétaire Général quelque part dans l’Empire français. Le 9 juin 1907, le Gouverneur général Roume de l’AOF accepte de le prendre comme Secrétaire général hors cadre. Le 17 juillet, sa nomination paraît au Journal Officiel et Auguste Brunet quitte Bordeaux pour Dakar. Il reste très peu de temps à ce poste. Le 30 août de la même année, il est transféré au Dahomey dont il devient le Secrétaire général.

Le 8 août 1909, il est élevé à la première classe de son emploi et nommé, par décret, Secrétaire général du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Puis, il est Gouverneur intérimaire de la Nouvelle-Calédonie et dépendances.

Auguste Brunet

Quelques années plus tard, par décret, Auguste Brunet est nommé gouverneur de 3e classe et est maintenu à son poste en remplacement du gouverneur Richard, des Nouvelles Hébrides, mis en disponibilité. Sa nomination comme gouverneur de la Nouvelle Calédonie le fait devenir simultanément Commissaire Général dans le Pacifique et Haut Commissaire de la France dans l’archipel des Nouvelles Hébrides.

Le 1er juillet 1914, Auguste Brunet demande l’autorisation de rentrer en France. Il s’embarque quelques jours après. Mais le 3 septembre, la première guerre mondiale est déclarée. Bien que, de par ses fonctions de gouverneur, il était exempté de servir dans les forces armées, Auguste Brunet offre ses services et contracte un engagement pour toute la durée de la guerre.

Par décision du 22 septembre 1914, il est nommé au grade d’interprète stagiaire de l’armée territoriale et affecté à la 8e Division Indienne avec le grade de sous-lieutenant. Il est ensuite envoyé à Belfort où il prend part à la campagne de Serbie. Il se couvre de gloire sur le champ de bataille et devient lieutenant. Sa carrière militaire est terminée. Il est mis hors cadre par décision après avoir reçu le ruban de la Légion d’honneur. Auguste Brunet reprend donc du service dans l’Administration.

Le 2 février 1918, il est nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal, avec mission de recruter des indigènes pour les forces armées. Il s’acquitte une fois de plus tellement bien de sa mission qu’il est cité à l’Ordre de la Nation.

Il est nommé secrétaire général du Gouvernement général de Madagascar et dépendances pour exercer l'intérim du Gouverneur général, à la mise en retraite anticipée du gouverneur général de Madagascar Garbit laisse supposer que le poste va revenir au gouverneur par intérim, le Réunionnais Auguste Brunet. Or le ministre Albert Sarraut nomme Ollivier, filleul de Gaston Doumergue, président en exercice au sénat. L'affaire fait grand bruit et l'opinion réunionnaise crie au scandale car Auguste Brunet étant plus gradé qu'Ollivier, première classe contre deuxième classe, le poste aurait dû normalement lui être attribué. L'opinion réunionnaise insinue que c'est parce qu'il n'est pas créole que le député de La Réunion Georges Boussenot n'a pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher le passe-droit.

Auguste Brunet est pressenti par les politiciens de la Réunion afin de poser sa candidature à la députation de l’Ile. Il refuse d’abord, mais revient sur sa décision, se fait mettre en disponibilité et quitte Madagascar. Lucien Gasparin et Auguste Brunet composent une liste d’union républicaine démocratique et de solidarité créole. La profession de foi des deux candidats exalte " le faisceau des dévouements suscités par le culte de l'honneur créole, des traditions d'indépendance et de fierté qui ont donné à notre Colonie sa physionomie propre..."

10 avril 1924, Auguste Brunet arrive à La Réunion. Son arrivée est triomphale, devant une foule dionysienne massée sur la place du gouvernement, Brunet embrasse Gasparin en lui déclarant : "... Je viens conclure avec toi le geste d'union indissoluble, à jamais indissoluble, de la démocratie créole...".

Le 11 mai 1924, soit à peu près un mois après son arrivée à la Réunion, Auguste Brunet est élu au scrutin de liste. La liste Brunet, Gasparin l'emporte Il obtient personnellement 17.231 voix sur 24.521 votants. Élections législatives de 1924 à La Réunion.

Inscrit au groupe radical-socialiste, il entre à la Commission de l'Algérie, des colonies et des protectorats, à celle de la marine marchande, à celle d'Alsace-Lorraine, et à la Commission spéciale chargée d'enquêter sur les conditions dans lesquelles le comité de l'Union des intérêts économiques est intervenu dans la dernière campagne électorale, et sur l'origine des fonds ayant servi à tous les partis en 1924.

Son intense activité sera orientée vers la défense des intérêts coloniaux et en particulier de ceux de la Réunion, il se fait entendre sur :

- En 1924, les dommages de guerre aux colonies, l'inspection des colonies, l'Ecole coloniale, les chemins de fer coloniaux, le budget de la Réunion, les établissements hospitaliers coloniaux

- En 1925, sur le budget des Nouvelles-Hébrides.

- En 1926, la taxe sur les sucres, l'entretien de l'Ecole coloniale et de l'agence des colonies, les tarifs des douanes, le chemin de fer de Brazzaville à l'Océan, le chemin de fer et le port de la Réunion.

- En 1927, l'armée coloniale.

- En 1928, le recrutement des hommes des Antilles et de la Réunion.

22 avril 1928, Auguste Brunet se représente dans la 2e circonscription de la Réunion, aux élections générales qui ont lieu au scrutin uninominal. Il est élu au premier tour de scrutin par 8.995 voix contre 5.112 à M. Lougnon. Il reste membre des Commissions de l'Algérie, des colonies et des protectorats, dont il devient vice-président, et de la marine marchande et entre à celle des comptes définitifs et des économies, à celle des boissons, à celle de la marine militaire, et à celle des finances.

Il prend part aux discutions :

- En 1928, des budgets des colonies, de la justice, des services judiciaires et de la loi de finances de l'exercice 1929.

- En 1929, rapporte la proposition de résolution sur la catastrophe de la Guadeloupe, intervient sur les droits de douane sur les sucres.

- En 1930, s'intéresse aux dégrèvements d'impôts et rapporte le projet de loi sur l'émission d'emprunts coloniaux.

- En 1931, participe à divers débats, notamment sur les entreprises de navigation aérienne.

- En 1932, sur le budget des colonies, et sur la loi de finances de l'exercice 1932.

1 er mai 1932, de nouveau Auguste Brunet se présente pour la députation à La Réunion sans la deuxième circonscription, il est réélu au premier tour de scrutin, par 16.589 voix contre 5.112 à M. Lougnon. Il siège à la Commission de la marine marchande, à celle du suffrage universel, et à celle de l'Algérie, des colonies et des protectorats.

1936, les élections législatives à La Réunion, la campagne électorale est tendue, Auguste Brunet et Lucien Gasparin sont candidats à leur succession, leurs adversaires sont respectivement René Payet et Albert Lougnon. La campagne est marquée par de nombreux actes de violence.

Le jour des élections les passions se déchaînent et la tragédie est au rendez-vous. Au soir des opérations électorales, entre fraudes et folklore, les armes ont parlé. La colonie compte neuf morts et cinquante blessés.

26 avril 1936, il est réélu député de La Réunion au premier tour de scrutin, sans concurrent, par 19 450 voix.

Son mandat est prorogé par le décret de juillet 1939, ce décret prolonge le mandat des députés élus en mai 1936, jusqu'au 31 mai 1942. Les élections législatives n’ayant pas eu lieu pour cause de guerre.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vote les pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Mais, son patriotisme, ulcéré par la défaite, ne peut accepter la coexistence avec l'occupant. Il quitte Paris pour n'y plus revenir. Installé à Toulon, il se crée une nouvelle vie au milieu d'amis nouveaux, et poursuit ses travaux d'artiste et d'érudit grâce à sa bibliothèque de choix. Sa maison est remplie de souvenirs de son île natale toujours présente à sa pensée, et de collections rapportées de ses voyages. Il est reçu à l'Académie du Var dont il devient un des membres les plus actifs et les plus éminents. Ses nombreuses conférences sont publiées dans le bulletin de cette société.

En 1945 peu après la signature de la paix, tous les parlementaires français qui avaient voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain sont frappés " d’ostracisme " et écartés de la vie politique. C’est un bien rude coup pour Auguste Brunet qui avait agi en toute sincérité. Aussi c’est une grande joie pour lui lorsque, en juillet 1953, tous ces parlementaires sont réhabilités.

1946, la loi du 19 mars 1946 érige la Réunion en département, Auguste Brunet déclare : Le cycle de " la colonie " est clos. Il écrit :

" En vérité ce qui fait l'originalité de cette petite terre française, et sa noblesse, c'est la discipline permanente aux traditions de notre histoire d'une collectivité qui n'a cessé d'accorder son âme au rythme de la vie nationale. C'est, peut on dire, sa vocation de "servir" à 4.000 lieues de la Métropole, le rayonnement de la Patrie. Et de génération en génération, elle délègue vers la Métropole et vers l'Empire les meilleurs de ses fils pour participer aux tâches nationales. Marins, soldats, poètes, écrivains, hommes de sciences, jurisconsultes, colonisateurs, elle écrit fièrement sur ses tablettes les noms de Bailli de Monthion, Bouvet, Amiral Collet, Parny, Leconte de Lisle, Lacaussade, Léon Dierx, Edouard Hervé, de Mahy, Général Roland, Juliette Dodu, Bonnier, Ballot-Beaupré, Félix Guyon, Guist'hau, Lacaze, Joseph Bédier, Rolland Garros, Marius, Ary Leblond, Jean d'Esme, Barquissau et tant d'autres, confondus dans cette Voie lactée! " Département français en mission dans la mer des Indes " a-t-on dit. Cette heureuse et juste image devenue par la loi du 19 mars 1946 réalité officielle. Le cycle de "la colonie" est clos. "

En 1948 Auguste Brunet est fait commandeur de la Légion d’honneur.

En, 1954, Auguste Brunet subit une opération grave. Il subit deux autres opérations les années suivantes. Malheureusement, ces chocs opératoires avaient gravement affaibli son cœur. Il a dû renoncer à des activités habituelles et prendre un repos complet. Le 6 octobre 1957, il se sentit mal tout à coup. Il est conduit à l’hôpital. Il s’est éteint de façon subite et inattendue, d’une défaillance cardiaque le 7 octobre 1957. Les funérailles d’Auguste Brunet furent grandioses. Elles eurent lieu le 10 octobre 1957, en l’église du Sacré-Cœur des Routes, à Toulon.


Auguste Brunet aussi un écrivain.

Les débuts littéraires d’Auguste Brunet datent de 1900. Cette année-là, deux de ses compatriotes, Marius et Ary Leblond, fondent une petite revue littéraire au titre symbolique : " La Grande France. " Auguste Brunet est le collaborateur le plus assidu et le plus fraternel qu’a compté cette petite revue. Il y publie non seulement ses vers les plus récents mais aussi des articles en prose sur les actualités littéraires.

Tour à tour, critique littéraire et critique d'art, il rend compte des expositions de peinture et de sculpture. En 1901, il publie un important article sur Léon Dierx, ainsi que sur Françis Jammes : "La romance des îles". En mars 1902, il commence une enquête sur Victor Hugo, sous le titre : "Les ombres harmonieuses".

En 1920, il publie son plus célèbre recueil, "Exils dorés des îles", composé de 20 poèmes à la musicalité exquise et qui se compose de trois parties : "Le tendre enchantement", dédié à Fernand Greghs ; "La blessure des soirs natals", dédié à Henri de Régnier ; "Le soir embaume", dédié à Léon Dierx..

En 1945, il publie jules Simon et le problème de la Constitution coloniale " . Écrit dans un style simple et prenant, cet ouvrage est l’histoire de l’émancipation politique des Colonies françaises et du rôle prépondérant que Jules Simon y joua.

L’autre ouvrage historique parut trois ans plus tard s’intitule : Trois cents ans de colonisation française : La Réunion.

Enfin, en 1952, Auguste Brunet célèbre à sa façon le centenaire des " Poèmes et Paysages " d’Auguste Lacaussade et des " Poèmes Antiques " de Leconte de Lisle en publiant une petit plaquette de vers, " l’Offrande ", en l’honneur de tous les poètes réunionnais qui avaient fait carrière en France.


Poésies d'Auguste Brunet :

Ce soir, dans l'ombre douce

Le chemin du Champborne



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