Pierre
André d'Héguerty ( O'Heguerty ) comte des Magnières, fils de
Daniel d'Héguerty, ancien officier dans le régiment de Dillon et de Grace
Mulvany.
Pierre André d'Héguerty est
né à Dinan le 30 septembre 1700.
Il suit les
cours du collège Jésuites de Caen, et participe à l'expédition de 1715
en Écosse pour essayer de rétablir Jacques III sur son trône.
Après ses études de droit,
il devient avocat au parlement de Normandie, puis grâce à l'appui du Cardinal
de Fleury et de Philibert Orry, contrôleur général des finances, il commence
en 1733
sa carrière coloniale.
Il arrive à Bourbon avec
le nouveau commandant de Bourbon Charles
Lemery Dumont, le 26 août 1735
par le navire La Reine.
Membre du conseil supérieur
de l'île en 1738,
directeur général du commerce en 1739,
il est un homme du dispositif mis en place par La Bourdonnais.
D'Héguerty épouse le 15 septembre
1738, à Sainte-Suzanne, Marie Françoise de Verdière. Ils auront deux enfants.
Pierre André d'Héguerty ,
conseiller, commandant de Sainte- Suzanne est remplacé dans ce quartier
par Jean Sentuary.
Ses qualités de rigueur et
d'impartialité sont remarqués par la Compagnie des Indes qui le nomme
le 11 novembre 1739, commandant de Bourbon en remplacement de Charles
Lemery Dumont malade.
A cette occasion il écrit
le 19 décembre 1739, une lettre pour exprimer sa reconnaissance et sa
détermination à assumer pleinement ses responsabilités. Le ministre répond
à Pierre André d'Héguerty en prenant soin de lui expliquer le contenu
de sa mission :
" ... Les directeurs
de La Compagnie des Indes m'ayant rendu compte, Monsieur, de la satisfaction
qu'ils avaient de votre conduite dans le poste que vous occupiez cy devant,
j'ay approuvé qu'elle vous nommât à la direction et au commandement des
troupes de l'isle de Bourbon, la principale attention que vous devez avoir
dans la place qui vous a été confiée, est de vous comporter avec douceur
pour gagner les esprits, maintenir la concorde et la tranquillité qui
règne présentement parmi les hans de cette colonie depuis le dernier gouvernement,
recevoir les mémoires et requêtes des hans qui pourroient avoir sujet
de se plaindre, rendre justice qui leur sera due et même leur faire fournir
des magasins de la Compagnie les marchandises dont ils auront besoin,
en payant le prix fixé de chaque espèce ; vous devez enfin vous acquitter
avec soin et application de toutes les fonctions qui descendent de votre
poste suivant les ordres particuliers que vous recevrez de la Compagnie
auxquels vous aurez attention de vous conformer... ".
Le Mandat de Pierre André
d'Héguerty est entaché par un certain nombre d'irrégularités et de maladresses.
Il se fait à plusieurs reprises, sévèrement réprimander pour son style
et pour son absence de loyauté à l'égard de la Compagnie.
Le 26 juin 1742,
la Compagnie lui conseille de se rendre plus utile.
Par lettre du 28 février
1743,
la Compagnie lui reproche, en termes menaçants, de ne pas se soucier de
la qualité du café envoyé en France. On lui reproche également la mauvaise
tenue des livres et le non-envoi de certaines statistiques.
Mais c'est surtout l'affaire
Guyomard qui va lui attirer les foudres de la Compagnie. Cette affaire
remonte à 1733.
Pierre
Benoît Dumas gouverneur de bourbon à l'époque demande
à M. Paradis de dresser un plan du quartier de Saint-Denis. Ce plan est
approuvé le 15 mai de la même année. Mais d'Héguerty va homologuer, le
2 mai 1742, un nouveau plan dressé par Guyomard " où tout le terrain
cy devant réservé pour la Compagnie a été concédé à des conseillers, employés
ou autres ".
Il va personnellement tirer
profit de ce nouveau plan. C'est un délit d'ingérence caractérisé. En
date du 12 mars 1746, la Compagnie somme d'Héguerty d'annuler le plan
de Guyomard et d'indemniser sur ses propres deniers les propriétaires
de terrain. Sa carrière s'en trouva définitivement compromises.
Le mandat de Pierre André
d'Héguerty prend fin dans la confusion le 12 décembre 1743, son successeur
Didier de Saint-Martin rentre en fonction le lendemain.
La commune de Saint-André,
tient son nom de cet ancien commandant de Sainte-Suzanne.
D'Héguerty rentre en France
en 1746,
il s'installe à Paris avant de rejoindre son frère sur la terre de Magnières
en Lorraine. Son séjour dans l'île Bourbon lui permit d'édifier une importante
fortune notamment en qualité de planteur de café.
Pierre André d'Héguerty
décède à Nancy en 1763.
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