Histoire de La Réunion année 1860, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1860.

Histoire de La Réunion année 1860

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Février 1860 forte pluie et cyclone.

Une nouvelle série noire affecta La Réunion en février 1860. Le début du mois fut marqué par des fortes pluies, entraînant une fois de plus des inondations à Saint-Paul. A partir de 9 février, la recrudescence des préciptations provoqua des crues exceptionnelles. A saint-Denis, la rivière se gonfla jusqu'à presque toucher le tablier du pont, franchit les digues, envahit un vaste secteur, détruisant plusieurs maisons. Dans la maison Alcine Philippe, une femme et son enfant furent noyés ; et la famille Bunder Voët, isolée entre deux bras du cours d'eau, fut sauvée de justesse. On déplora également deux morts à Sainte-Marie où, en certains endroits, l'eau s'éleva de près de quatre mètres ! Le bac de la rivière des Roches, qui remplaçait le pont détruit en 1850, fut emporté. Le pont de la rivière des Marsouins fut une nouvelle fois endommagé, et le magnifique ouvrage de la rivière de l'Est entièrement détruit.

Mais ce n'est pas tout. Le 25 février, le baromètre chuta à nouveau, et la mer se gonfla. Les navires en rade appareillèrent, comme à l'accoutumée, pour fuir la tempête. Cette fois, l'île fut assez peu touchée, et les rafales ne firent qu'arracher quelques toits. En mer, par contre, la situation fut différente... Il ressort des calculs du capitaine de port Bridet, auteur d'une étude sur les ouragans, que la trajectoire moyenne de ce cyclone est passée au Nord-Ouest de La Réunion. Les navires qui ont suivi les règles de manoeuvre en cas de tempête, et ont fui le mauvais temps en naviguant bâbord amures (ce qui les maintenait dans le "demi-cercle maniable" du cyclone) se tirèrent assez bien d'affaire ; des autres, trois disparurent corps et biens, trois autres firent naufrage à Madagascar, et six furent tellement endommagés qu'on dut les condamner. Bridet raconte la fin d'un des naufragés, le "d'Après" qui avait quitté la rade de Saint-Denis en même temps que les autres navires, le 25 février à 8h30. "26 février, Quart de 4 h à 8 h. La mer frappe le navire de chocs épouvantables, les embarcations sont enlevées, les voiles emportées en lambeaux, la lisse de bâbord est brissée par la mer. Le bâromètre descend encore et arrive à 720 mm... Quart de midi à 4 h. Le d'Après s'incline de plus en plus et menace de sombrer. Coupé le mât d'artimon et le grand mât, et laissé porter à l'Ouest. Le baromètre marque 712 mm... 27 février, quart de minuit à 4 heures. Rafales on ne peut plus terribles. Le navire disparaît à chaque coup de mer qui le couvre d'un bout à l'autre ; la nuit est terrible et la fuite continue. De 4h. à 8 h. On s'aperçoit au jour que les bastingages de tribord sont arrachés ; les pompes, engagées par le riz peuvent à peine fonctionner ; le navire s'enfonce évidemment, on jette une partie de chargement par le panneau de l'arrière qui est le moins exposé. De 8 h. à midi... A 11 heures, trois des hommes qui sont à la pompe sont enlevés par un coup de mer monstrueux, malgrè les cordes dont ils s'étaient enrourés ; le quatrième est roulé sur le pont presque noyé ; l'équipage consterné abandonne la pompe qu'il est désormais impossible de faire fonctionner... Dans la journée, une accalmie est mise à profit pour jeter à nouveau une partie de la cargaison à la mer ; mais les rafales reprennent bientôt : De 8 h. à minuit. Lla soirée est désespérante ; le navire craque de toutes parts ; les portes de la dunette sont enfoncées par la mer qui ne laisse aucun refuge aux matelots épuisés de fatigue... 28 février. De 8 h. à midi. Les rafales de l'Est sont un peu moins violentes, mais le navire est entre deux eaux, chaque coup de mer menace de l'engloutir... De 4 h. à 8 h. L'amélioration devient sensible. On dégage le navire de tous ses débris... L'espoir revient au coeur du malheureux équipage lorsque la couleur de l'eau indique, par son changement, qu'on approche de la grande terre de Madagascar ; on tente un dernier effort, on essaye de revenir au vent, mais les rafales sont encore trop violentes, et le D'Après, pour ainsi dire entre deux eaux, se couche, menaçantde ne plus se relever. Qu'aurait pu faire du reste ce navire dans l'état de délabrement où il se trouvait ? Complètement désemparé, à moitié submergé, le naufrage était pour lui inévitable. La fuite est donc reprise, et l'on arrive près de la terre par un fond de 18 brasses, où l'ancre est mouillée à 6 h du soir. Mais l'ancre chasse et une heure plus tard, le D'Après s'ouvre sous la violence des coups de talon que chaque coup de mer lui fait donner ; la nuit se passe dans cette position affreuse. Le lendemain matin, le sauvetage commence, et ce qui reste de l'équipage du D'Après aborde la terre exténué de faim et de fatigue... Ce navire, comme le Saint-Vincent-de-Paul et le Meunier, avait à peu de chose près suivi la trajectoire du cyclone, se maintenant dans la tempête alors que depuis longtemps le beau temps était revenu à La Réunion.


Tremblement de terre, éruption volcanique en 1860.

19 mars 1860 un tremblement de terre précède une éruption volcanique.

Récit de J. Rambosson.
“ Le 19 mars 1860 à 8 heures et demie du soir, un roulement sourd mais fort bruyant s’est fait entendre dans toutes les localités du Grand Brûlé, de Sainte-Rose et même jusqu’au-dessus des rampes nord de la rivière de l’Est. Ce bruit était partout comparable à celui que ferait une charrette pesamment chargée d'objets en fer. C'est là l'impression commune qu'ont éprouvé, dès l'abord, tous les observateurs. Ce bruit produisait une certaine vibration du sol. Il n’y avait pas positivement de tremblement de terre mais la trépidation était assez violente pour produire l’agitation des meubles et des ustensiles qui les recouvraient.

Une épaisse colonne de fumée grisâtre s’est élancée perpendiculairement dans l’espace du sommet de la montagne du volcan dans la partie voisine du piton de Crac. Cette colonne paraissait avoir plus de 100 mètres à la base ; elle a été en s’agrandissant à son sommet de manière à former un nuage épais qui s’est étendu en deux sens presque opposés, donnant ainsi naissance à deux nuages distincts : l'un a pris la direction nord-est, vers le bourg de Sainte-Rose ; il a empêché les observateurs de cette localité d'apercevoir l'autre nuage qui a marché dans la direction sud-est vers Saint-Philippe ...

Les deux nuages formés par l'éruption ont continué leur route en deux sens opposés, avec la force d'impulsion première qui leur avait été sans doute communiqué par l'explosion volcanique, car le calme régnait dans l'atmosphère.

Ces deux nuages ont fini par se résoudre en une pluie de cendres qui a couvert toutes les localités environnantes à plus de sept lieues du rayon du centre volcanique... ".


Inauguration de l'Hôtel de Ville de Saint-Deni.

21 avril 1860, inauguration de l'Hôtel de Ville de Saint-Denis La Réunion.

Hôtel de ville de Saint-Denis inauguré le 21 avril 1860

Le maire, M. Des Molières, a fait à cette occasion, l'historique de la commune de Saint-Denis, depuis le 12 juillet 1815, et à énuméré, en peu de mots, les principaux actes de l'administration de chacun de ses prédécesseurs. Arrivé à M. Amédée Bédier, qui resta à la tête des affaires municipales depuis le 20 août 1832 jusqu'à l'époque de sa démission, octobre 1848, il se plaît à rappeler les principaux travaux accomplis pendant cette période de seize ans, qu'il déclare avoir été, sans contredit, la plus heureuse de l'administration municipale de Saint-Denis, pendant laquelle la cité est entrée dans une voie de progrès et de transformation complète, il termine par ces mots :

Amédée Bedier

" Le terrain de l'ancienne mairie, sur lequel s'élève aujourd'hui l'Hôtel de Ville, fut acquis par la commune en 1834. N'oublions pas, pour donner le dernier trait à ce tableau rapide de l'administration de M. Bédier, de dire que c'est à lui que remonte la première idée de la création de ce monument qui fait aujourd'hui le légitime orgueil de notre capitale et dont il posa la première pierre le 11 octobre 1846. "

Gustave Manés

On compte, dans la colonie, cent vingt sucreries. Le Quartier Français à Sainte-Suzanne devint définitivement le domaine de la canne sucre avec une activité groupée autour de l'usine, construite par Kervéguen en 1860 : " magnifique établissement qui pourra faire 10 000 tonnes de sucre ". La famille Kervéguen possédait de nombreuses terres sur la commune de Sainte-Suzanne notamment à Bel air et au Quartier Français. Elle emploie en 1860 sur ses terres de Sainte-Suzanne 275 engagés.

Usine Kervéguen Quartier Français à Sainte-Suzanne

Sur le site : Usine Quartier Français Sainte-Suzanne.

1er mai 1860, Monseigneur Maupoint l'évêque de La Réunion, érige canoniquement la Saline en paroisse dédiée à Sainte-Thérèse. Rodolphe Augustin Darricau, gouverneur de La Réunion avait par un arrêté du 26 avril 1860 autorisé la création de la paroisse. Église Sainte-Thérèse de La Saline.

Église Sainte Thérèse La Saline

1860, Hell-Bourg est choisi pour l'implantation d'un hôpital militaire, en raison de ses facilités d'accès, de son climat vivifiant et surtout l'exploitation de sources thermales aux vertus connues et réputées.

30 août 1860, arrêté concernant la répartition des immigrants à leur arrivée et le régime de leur protection dans la colonie porte création d'un syndicat protecteur des immigrants au chef-lieu de chaque arrondissement. Il est composé du procureur impérial ou d'un de ses substituts, assisté d'un avocat ou d'un avoué désigné chaque année par la cour, d'un conseiller municipal désigné par le gouverneur. Ce syndicat est chargé d'assister les immigrants dans leurs recours judiciaires. Il peut poursuivre d'office devant les tribunaux la résiliation des engagements lorsque les conditions d'hygiène et de salubrité ne sont pas observées à l'égard des immigrants. Des syndics sont institués auprès de chaque justice de paix. Le syndicat d'arrondissement reçoit par l'intermédiaire des syndics cantonaux les plaintes et les réclamations des immigrants pouvant aboutir à une action judiciaire.

24 septembre 1860, La ville de Saint-Denis achète le théâtre de Saint-Denis, propriété privée, appartenant à Mlle Muguet pour le prix de 60 000 francs.

24 octobre 1860, création de la société du Crédit colonial au capital de 6 millions, elle est destinée à venir en aide aux agriculteurs et de prêter aux sucriers l'argent nécessaire à l'amélioration de l'outillage. Peu de temps après sa création, en 1863, elle se transforma, devint le Crédit foncier colonial.

1860, le marquis Joseph Antoine Sosthènes d'Armand de Chateauvieux entrepend avec sa famille la construction de l'église en pierre des Colimaçons. Le 22 juillet 1866, l'église des Colimaçons, église du sacré coeur est consacrée.

1860, le réunionnais, ancien gouverneur de La Réunion, Louis Henri Hubert Delisle est fait officier de la la Légion d'honneur.

1860, le nombre de navires entrés à La Réunion a été de 391, dont 321 navires français et 70 étrangers.


Naissance en 1860 :

18 mai 1860, naissance de Camille Lucien Xavier Guy, Gouverneur de La Réunion du 19 mai 1908 au 17 janvier 1910.

22 juin 1860, naissance de Lucien Lacaze. Amiral et Ministre.

1860, naissance de Adrien Bonhoure, Gouverneur de La Réunion du 9 novembre 1906 au 31 décembre 1907.


Décès en 1860 :

Juin 1860, décès du Contre-amiral réunionnais Pierre Bouvet.



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