Philippe Panon-Desbassayns de Richemont. Personnage célèbre de l'île de La Réunion 974

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Philippe Panon-Desbassayns de Richemont.

Homme politique.

 

Né le 3 février 1774 à Saint-Paul, île de la Réunion. Décède le 7 novembre 1840 à Paris.

 
 

Philippe Panon-Desbassayns de Richemont troisième fils d'Henri-Paulin Panon-Desbassayns et d'Hombeline Gonneau-Montbrun, vit le jour à Saint-Paul sur l'habitation familiale le 3 février 1774.

Depuis la fermeture de l'établissement des Lazaristes, il n'y a plus d'école à Bourbon. Les jeunes qui veulent avoir une bonne éducation doivent s'exiler en France. En 1780, Henri-Paulin Panon-Desbassyns, obtient par son ami Pierre Guillaume Léonard Sarrazin de Bellecombe ancien gouverneur de Bourbon, l'inscription de ses trois fils à l'école prestigieuse et convoitée pour les enfants de la plus haute société, l'Ecole Royale militaire de Sorèze près de Revel en métropole. Philippe débarque donc en France, il n'a que six ans er demi, avec ses deux frères aînés, julien et henry-Charles, pour l'abbaye bénédictine de Sorèze où ils seront en pension. Leur père fera le long voyage pour les voir en 1785.

Philippe Panon-Desbassyns de Richemont prépare ensuite l'école militaire de Metz pour entrer dans l'artillerie des Colonies.

De mars 1788 à septembre 1789, il est aspirant dans le Corps royal d'artillerie.

Le 28 juillet 1790, il prête serment et devient avocat à la Cour.

18 juin 1799, il épouse Catherine Jeanne Eglée Fulcrande Mougre, née à Montpellier ( Hérault ) le 5 juin 1778, de son mariage à Montléry (Essonne), il eut huit enfants, Eugène Panon, créateur du lycée français de Pondichéry, Camille, Philippe, Céline, Lydie, Alfred, Paul, député et sénateur, et Édouard.

En 1800, il est envoyé en Angleterre comme Commissaire pour régler les droits de la France sur un grand nombre de bâtiments enlevés par les Anglais. Il obtint leurs restitutions.

En 1808, il part en mission à Madagascar.

Philippe de Richemont sut jouer habilement de l'amitié qui le liait à Napoléon et devint un intermédiaire officieux et efficace entre Napoléon et Pitt. Il négocia le retour d'un grand nombre d'officiers français détenus sur les pontons britanniques.

En 1815, il négocie de nouveau à Londres la rétrocession de l'Ile Bourbon à la France. Il faillit obtenir que l'île de France fut rendue à Paris, mais le retour de Bonaparte de l'île d'Elbe fit échouer son projet.

 

 

Philippe Panon Desbassayns de Richemont

Catherine Jeanne Eglée Fulcrande Mougre

 

 

A la Restauration Philippe de Richemont est nommé administrateur général des établissement français en Inde. Profitant de la qualité de ses relations avec l'Angleterre, il peut négocier avantageusement le rachat des privilèges de la Compagnie Française des Indes Orientales sur le sel et l'opium.

Il est nommé le 8 mai 1816, commissaire général de la marine et ordonnateur à Bourbon, il arrive à la colonie avec le nouveau commandant, Hilaire Urbain de Lafitte de Courteil, le 28 juin 1817.

Il introduit à Bourbon les frères des écoles chrétiennes et, est à l'origine de la fondation du collège royal. Il est l'auteur des fameuses ordonnances de 1825, qui servirent de modèle aux textes qui ont fixé le statut de nos colonies. La restauration le nomme, Comte de Richemont le 6 octobre 1827 et commandeur de la légion d'honneur. Mais pour les réunionnais c'est l'homme qui développa le système éducatif.

Lettre de Panon Desbassyns de Richemont, aux habitants de Bourbon :

" En prenant les rênes de l'administration que le Roi a daigné nous confier, nous éprouvons une vive et douce satisfaction de pouvoir vous annoncer que sa Majesté a accordé à ses fidèles sujets de l'île Bourbon tout ce qui pouvait contribuer à leur bonheur et aussi à la prospérité de cette intéressante colonie .... L'envoi est fait, dans la colonie d'une compagnie d'ouvriers de toutes les professions qui contribuera à répandre le goût du travail et la connaissance des arts utiles à la société ; douze jeunes créoles seront attachés à ce corps et ceux qui, parmi eux, se distingueront par leur disposition et leur bonne conduite seront envoyés en France pour compléter leur instruction.

Le Roi, touché de la fidélité et du dévouement que vous avez montrés dans une circonstance récente et douloureuse, a voulu consacrer à jamais le souvenir de votre noble conduite, en accordant à perpétuité à vos enfants, six bourses gratuites dans les collèges de France et trois places dans l'École royale des demoiselles de la Légion d'honneur : touchante bonté qui récompense dans les enfants la fidélité des pères. Mais ce n'était pas assez bon pour le bon Roi d'assurer votre bonheur présent ; sa sollicitude a été plus loin : il a voulu qu'à l'avenir vos besoins et vos réclamations lui fussent connus par l'organe d'un député choisi parmi vous et résidant auprès du ministre de la Marine à Paris. J'en ai dit assez, Messieurs pour vous faire sentir que si, au milieu des désastres qui ont affligé la France, le père de famille s'est vu forcé de donner ses premiers soins à ceux de ses enfants qui étaient placés auprès de lui, il vous en dédommage aujourd'hui, en comblant pour vous la mesure de ses bienfaits ".

Il est nommé ensuite inspecteur général des établissement français dans l'Inde.

De retour en France, il est nommé au Conseil d'État et au Conseil d'amirauté à sa création.

Il est également choisi à deux reprises comme député de la Meuse.

Le 25 février 1824, il est élu député dans le 2ème arrondissement de la Meuse par 182 voix sur 248 votants et 280 inscrits.

Le 17 novembre 1827, il échoue dans le même arrondissement avec 95 voix contre 147 données à l'élu M. Beaupoil de Saint-Aulaire; mais huit jours après, le 24 novembre, le collège du département de la Meuse le renvoye à la Chambre par 75 voix sur 123 votants et 140 inscrits.

1er août 1828, il reçoit les grandes médailles d’or des Conseils privés et des Cours d'assises destinées à consacrer sa coopération aux deux organisations :

- Rapporteur de la commission chargée de l'organisation administrative des colonies.
- Président de la commission d'organisation judiciaire.

Il abandonne ses fonctions politiques lors de la Révolution de 1830 qui vit la chute des Bourbons.

En 1832, il se retire dans le château de Cangé situé à Saint-Avertin, Indre-et-Loire qu'il vient d'acheter.

Philippe Panon-Desbassyns de Richemont meurt à Paris, le 7 novembre 1840. Un an plus tôt, il avait été durement éprouvé par la mort subite de sa fille Madame La Comtesse Dodun de Keroman.

 

 

 
 
   
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