| |
Pierre
Lagourgue est né à Sainte-Marie La Réunion le 3 janvier
1921.
Il fait sa scolarité
au lycée Leconte-de-Lisle de Saint-Denis, puis effectue ses études
de médecine en métropole est devient médecin radiologue
de profession.
1949, de retour à
La Réunion, il s'établit comme radiologue à Saint-Denis.
Il prend ensuite la direction
du service de radiologie du centre hospitalier départemental.
Parallèlement à
sa carrière professionnelle, il s'engage dans la vie politique
réunionnaise.
1958, il est élu conseiller
général du canton de Saint-Benoît.
1964, il est élu conseiller
général du quatrième canton de Saint-Denis.
1967,
il accède à la présidence du conseil général face au candidat sortant
Marcel
Cerneau, et sera réélu quatre fois jusqu’en 1982, date à laquelle
Auguste
Legros lui succède.
22 septembre 1974, Pierre
Lagourgue se présente aux élections sénatoriales.
Au premier tour, il obtient 297 des 604 suffrages exprimés, il
échoue de très peu au second tour, avec 295 des 594 suffrages
exprimés, il n'est devancé que de cinq voix par le dernier
élu au Sénat, le maire de Saint-André, Louis
Virapoullé.
12 mars 1978, Pierre Lagourgue
se présente aux élections législatives, sous l'étiquette
de l'Union pour la Démocratie Française dans la troisième
circonscription de La Réunion, à Saint-Pierre. Avec 22 433
des 41 873 suffrages exprimés, il accède à la députation
en battant le communiste Élie
Hoarau et le député sortant centriste Marcel Cerneau
qui recueillent respectivement 12 374 et 4 497 voix.
Proche du Premier ministre
d'origine réunionnaise, Raymond
Barre, il s'inscrit au groupe de l'UDF au Palais Bourbon. Il siège
à la commission des affaires culturelles de 1978 à 1981.
Il consacre tout son mandat de député à attirer l'attention
sur les difficultés des départements d'outre-mer.
Nommé en 1979 au sein
de la commission d'enquête sur la situation de l'emploi et le chômage,
il s'alarme ainsi régulièrement de l'accroissement de ce
dernier. Il déplore en outre les disparités entre les départements
d'outre-mer et la métropole en matière d'indemnisation du
chômage et de prestations sociales.
À l'Assemblée
nationale, Pierre Lagourgue se préoccupe plus particulièrement
de son île, qu'il s'agisse de l'habitat rural ou du coût des
transports maritimes et aériens vers ce département. Membre
de la commission d'enquête sur la langue française en 1980,
il s'émeut aussi du retard éducatif réunionnais.
14 et 21 juin 1981, Il se
représente aux élections législatives dans la première
circonscription de La Réunion où il affronte Michel
Debré. Avec 9 127 des 50 249 suffrages exprimés, Pierre Lagourgue
n'arrive qu'en quatrième position à l'issue du premier tour.
Nettement devancé par l'ancien Premier ministre du général
de Gaulle qui obtient 18 636 voix, mais aussi par le communiste Bruny
Payet et le socialiste Jean-Claude
Fruteau, sur lesquels se portent respectivement 12 532 et 9 447 voix,
il appelle cependant ses électeurs à voter pour Michel Debré.
20 février 1983, il
se présente aux élections régionales de La Réunion
: Liste d'Union Nouvelle pour les Intérêts de La Réunion
( UNIR ) de avec Serge Payet, André
Thien Ah Koon, Bertho
Audifax. Sa liste obtient 5 sièges de conseillers régionaux
avec 20 630 voix, 10.50 % des suffrages exprimés. Elu conseiller
régional, il en devient vice président. Résultats
des élections régionales du 20 février 1983 à La Réunion. |
|



Hôtel de Région Pierre Lagourgue

27 août 2005, un an après
son inauguration, le lycée Tampon III, à Trois-Mares, devenait lycée Pierre
Lagourgue.
|
|
|
Mars
1983, Pierre Lagourgue est candidat aux élections municipales dans
la commune de Saint-Pierre, il est battu dès le premeir tour par
le candidat PCR, Partie Communiste Réunion, Elie
Hoarau qui obtient 11 179 voix, soit 51.53 % des suffrages exprimés,
Pierre Lagourgue, 9 785 voix soit 46.67 % des suffrages exprimés.
Résultats
des élections municipales de mars 1983 à La Réunion.
25 septembre 1983, nouvelle
candidature infructueuse aux élections sénatoriales, lors
desquelles il n'a obtenu que 377 des 853 suffrages exprimés au
premier tour puis 346 des 856 suffrages exprimés au second tour.
1986, Pierre Lagourgue est
élu président de conseil régional, successeur de
Mario Hoarau à ce poste il reste président jusqu'en 1992 date à laquelle
Camille
Sudre le remplace.
1990. Sous l’impulsion
de Pierre Lagourgue, président de Région , la Région
Réunion a fortement influencé la création de la première
compagnie aérienne française de l’océan Indien,
Air Austral. Dès 1990, elle a ouvert les horizons de La Réunion
sur son environnement régional.
27 septembre 1992, nouvelle
candidature aux élections sénatoriales, candidat isolé,
il ne recueille que 165 des 916 suffrages exprimés au premier tour.
Mais fort du soutien du Parti communiste réunionnais de Paul Vergès,
il est élu au second tour avec 404 des 904 suffrages exprimés.
Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe de l'Union centriste.
Il siège d'abord à la commission des lois de 1992 à
1995, avant de rejoindre celle des affaires sociales de 1995 à
1998. Nommé membre titulaire en 1995 du comité directeur
du Fonds pour l'emploi dans les départements d'outre-mer, il plaide
constamment en faveur d'une politique d'« égalité
sociale » avec la métropole en matière de logement,
d'éducation, d'aide à l'emploi et à l'insertion mais
aussi de tarif des télécommunications. Ses préoccupations
sociales et son sens du consensus conduisent le ministre de l'Outre-mer
Jean-Jacques de Peretti à le charger en mars 1997 d'une mission
de conciliation entre le Gouvernement et les fonctionnaires réunionnais
mécontents de la réforme de leur régime de rémunération.
En 1993, il vote la loi relative aux pensions de retraite et à
la sauvegarde de la protection sociale.
Officier de la Légion
d'honneur et de l'ordre national du Mérite, Pierre Lagourgue s'éteint
le 16 février 1998 à Paris, victime d'un infarctus à
l'âge de soixante-dix-sept ans, au terme d'une carrière politique
longue de quatre décennies au service de La Réunion.
Un certain nombre de sites
publics de La Réunion ont été baptisés en son honneur :
- La zone autour de l'aéroport
de Gillot, à Sainte-Marie.
- Le siège du Conseil régional de La Réunion, à Saint-Denis.
- Le lycée inauguré en 2004 à Trois-Mares, au Tampon.
- Un avion de la compagnie aérienne réunionnaise Air Austral porte également
son nom.
10 novembre 1998.
Dénomination de l’Hôtel de Région Pierre Lagourgue.
Allocution en hommage à Pierre Lagourgue prononcée par Paul
Vergès.
Madame,
Mesdames et Messieurs les membres de la famille de Pierre Lagourgue,
Monsieur le Préfet,
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis pour rendre hommage à un homme dont on
ne s’habitue pas à l’absence.
Nous avons voulu que cet hommage lui soit rendu dans cet hôtel de
Région qui est son oeuvre et qui s’appellera désormais
" Hôtel de Région Pierre-Lagourgue ".
Une tradition cruelle certes
mais sans équivoque, veut qu’un homme politique ne prenne
sa véritable dimension qu’après sa
disparition.
Vous pouvez être assurée,
Madame, que Pierre Lagourgue restera dans le souvenir de ses contemporains
comme dans celui
des générations à venir, comme un grand Réunionnais.
Homme de conviction, il a
montré par l’exemple de toute sa vie, par son attitude à
contre courant souvent des idées
dominantes, qu’on pouvait rester ferme sur ses positions, lutter
pour faire partager ses idées par le plus grand nombre, et
dans le même temps faire preuve de tolérance dans ses rapports
avec les autres, de compréhension même vis-à-vis de
leurs actions.
C’est en cela que Pierre
Lagourgue a été constamment un exemple de comportement démocratique
même si les critiques
des uns et des autres à ce sujet, n’ont jamais cessé
de l’étonner et de le peiner, sans jamais l’ébranler.
La fidélité
intransigeante à cette attitude faite de conviction et d’ouverture,
lui a permis, dans des situations changeantes,
de prendre ses responsabilités et d’occuper des positions
de pouvoir.
Lorsqu’on voit ce qu’il
a réalisé dans des domaines aussi variés que la santé
publique ou le logement, les routes ou les
lycées, les transports aériens ou l’université,
on se prend à regretter que des rivalités de second ordre,
l’aient durant des
années écarté des responsabilités où
il aurait pu réaliser encore plus pour son pays.
Pierre Lagourgue était surtout un Réunionnais, fidèle
à son île, fidèle à ses ancêtres et dévoué
à ses compatriotes. Il était aussi
naturellement Français et sut le montrer avec autant de courage
que de modestie lorsque défendre la France était une
question de vie ou de mort. Et c’est parce qu’il avait cette
passion au moment où il fallait l’avoir, qu’il se sentait
si
Réunionnais car à ses yeux l’un ne pouvait aller sans
l’autre.
Croyez, Madame, qu’à ce poste où Pierre Lagourgue
a su être efficace, je ressens toute la responsabilité de
cet héritage,
si riche à porter dans tous les domaines.
Parce que la démocratie exige que des hommes de conviction et de
tolérance s’affrontent parfois dans la défense de
leurs
idées, il arrive que ce combat les grandisse à la mesure
de l’estime qu’ils se portent mutuellement.
Madame, au fur et à mesure que passent les jours et que passeront
les années, Pierre Lagourgue prendra sa véritable
dimension en prenant place, aux côtés des plus grands, dans
l’Histoire de cette île qu’il a tant aimée.
Je sais que seuls ceux qui
l’ont vécu et le vivent encore, peuvent comprendre ce qu’est
un deuil infini et une tristesse indicible.
Puisse cet hommage, Madame
être un modeste exemple du profond respect que nous portons à
Pierre Lagourgue.
27 août 2005, un
an après son inauguration, le lycée Tampon III, à Trois-Mares, devenait
lycée Pierre Lagourgue.
Discours de Paul Vergès qui
rend hommage à ce responsable politique :
" Participant aujourd’hui
à une cérémonie non d’inauguration, qui a déjà eu lieu, mais de dénomination
d’un lycée, il s’agit de préciser les raisons qui ont animé La Région
pour plaider en faveur de ce choix. Le Député-maire vous a fait une description
de Pierre Lagourgue. Il n’est plus parmi nous, mais on ne disparaît vraiment
que lorsqu’on est oublié et, si nous voulons être dignes de l’héritage
des responsables qui nous ont précédés, nous devons tout faire pour souligner
leur participation à la vie de notre pays et à l’appréhension de son avenir.
La trajectoire politique
de Pierre Lagourgue montre qu’il était hanté par la solution d’un certain
nombre de problèmes majeurs de notre île et qu’il a tout fait pour tenter
d’apporter sa part à leur solution. Un des problèmes de La Réunion évoqué
précédemment est celui du désenclavement. Pour cela, il faut que soient
garanties la permanence de nos communications aériennes, la sécurité de
nos compagnies et l’aide éventuellement apportée au déplacement. Cette
idée a animé le Président Pierre Lagourgue dans sa participation essentielle
à la création de notre société régionale, Air Austral, et dans sa prise
de position courageuse vis-à-vis de l’opérateur historique. En cela, je
pense qu’il a fait face à ses responsabilités politiques. Il était donc
normal que le lieu où se sont réalisées toutes ses ambitions dans ce domaine
porte son nom. C’est pourquoi la zone aéroportuaire de La Réunion s’appelle,
à la demande de La Région, « zone aéroportuaire Pierre Lagourgue ». Il
ne faut pas que les voyageurs oublient qu’aujourd’hui ils doivent leurs
possibilités de déplacement à ceux qui se sont battus hier.
De même, en ce qui concerne
le siège de notre Région. Dès le départ, dans tous les domaines de compétences,
au départ sans doute modestes et qui ont grandi depuis, Pierre Lagourgue
s’est battu avec les différents services pour faire respecter les prérogatives
de La Région. Tout à l’heure, le Député-maire faisait état des colères
du Président Lagourgue. Je ne peux pas en attester aussi fidèlement que
lui, mais tout le monde a le souvenir de ses affrontements avec certains
services et sait qu’il ne cédait jamais. Il était normal que ce siège
qu’il a eu la responsabilité de faire édifier porte son nom.
Aujourd’hui, nous sommes
dans un lycée. Je crois que c’est dans ce domaine que Pierre Lagourgue
a montré tout particulièrement ses capacités d’anticipation. Lorsque La
Région a eu à prendre des responsabilités dans ce domaine, nous sortions
d’une période où le nombre des lycées était très réduit. Au début des
années 60, n’existait qu’un lycée, le lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis.
L’événement fut la création du lycée Roland Garros, au Tampon, en 1965.
Dès le début de sa présidence, Pierre Lagourgue a mis au centre de ses
préoccupations le problème des lycées. Aujourd’hui, il n’est plus là,
mais les chiffres nous montrent sa capacité de prévision. La rentrée de
cette année a concerné un nombre de jeunes qui correspond, à quelques
centaines près, à la population totale de La Réunion en 1950. Je pense
que peu de pays dans le monde peuvent donner un tel exemple : 60 ans après
le passage du statut de colonie à celui du département, le nombre d’enfants
aujourd’hui concernés correspond à la totalité de la population en 1950.
Cela exige la concertation entre tous, qu’il s’agisse de l’Etat dans ses
compétences propres, qu’il s’agisse des municipalités pour les écoles
primaires, qu’il s’agisse du Conseil général pour les collèges ou du Conseil
régional pour les lycées. Nous avons à faire face énergiquement et ponctuellement
à nos responsabilités de façon à apporter dans ce domaine notre contribution.
Au moment du soixantième
anniversaire de la loi du 19 mars 1946, La Réunion comptera 44 lycées
publics, alors qu’il n’y en avait qu’un seul en 1946 et deux en 1965.
Dans cette action décisive, nous devons saluer le rôle de Pierre Lagourgue.
La grandeur d’un politique, consiste, non à s’engager dans les batailles
quotidiennes immédiates, mais à préparer l’avenir de la société dont il
a la responsabilité, même et surtout s’il sait que ce qu’il construit,
c’est pour des générations futures, alors que lui-même a toutes les chances
de ne pas le voir.
Dans ce domaine, nous pensons
que Pierre Lagourgue a été un exemple. Lorsqu’on voit notre île qui de
760 000 habitants actuellement va vers un million d’habitants en 2025,
lorsqu’on voit les problèmes de l’emploi, nous savons que la condition
première du développement économique, c’est la formation initiale depuis
les écoles maternelles et primaires, jusqu’aux collèges et lycées, aux
instituts de formation professionnelle et aux universités. Si nous ne
faisons pas face, dès maintenant, à cette responsabilité, nous savons
que nous compromettons l’avenir de toute une génération. Il était normal
que dans ce domaine des lycées, le nom de Pierre Lagourgue fût rappelé
et perpétué. C’est l’honneur du conseil municipal du Tampon, du conseil
d’administration du lycée d’avoir approuvé la proposition de dénommer
ce lycée Pierre Lagourgue. Nous voulons les en féliciter tous. Mais nous
aurions aimé un geste beaucoup plus prompt d’une autre commune, d’un autre
lycée, car si l’hommage est juste et légitime, je pense qu’il est un peu
tardif, ce qui ne plaide pas en faveur de la clairvoyance de notre classe
politique ni de sa reconnaissance envers ceux qui ont vraiment œuvré pour
le pays sans penser à leur carrière politique.
Il est vrai - et c’est peut-être
là l’honneur de Pierre Lagourgue - qu’il a eu une carrière politique très
chaotique. Très chaotique, parce qu’il avait le courage de dire non quand
il fallait dire non. C’est une leçon aussi pour tous ceux qui viennent
après lui. On ne peut pas bâtir une œuvre politique, si on n’a pas d’abord
le courage politique. Il nous en a donné maints exemples, ce qui lui a
causé maints déboires. Mais je ne l’ai jamais vu regretter les épreuves
auxquelles il était confronté, parce qu’il savait qu’au-delà de ces petitesses,
il avait une tâche à remplir, celle de faire sa vie, de la remplir comme
la tâche d’honneur d’un honnête homme. Cet hommage ne vise pas seulement
son passé, mais surtout sa capacité d’anticipation, sa vision d’avenir,
l’œuvre accomplie non seulement pour ses contemporains mais surtout pour
les générations qui fréquentent aujourd’hui nos collèges, nos lycées et
notre université. Là encore, je me rappelle les efforts de Pierre Lagourgue
pour accentuer la part de La Réunion dans la mise en place d’une véritable
université de La Réunion. Il est toujours juste à notre sens de perpétuer
le souvenir de ceux qui ont consacré leur vie au service de leur pays.
Je sais qu’un des déficits, si on peut dire, de la société en général
et de sa classe politique surtout, c’est de vivre au jour le jour, en
n’ayant pour objectif que sa propre trajectoire, sa propre carrière, appelez
cela comme vous voulez tellement c’est dérisoire. Sur ce plan, le geste
d’aujourd’hui porte au-delà d’un homme, car il manifeste la conscience
de l’appropriation de notre histoire, non pas vieille d’un siècle ou deux,
mais des décennies passées. Quand il s’agit de dénommer des rues, des
boulevards, des édifices, je constate des efforts d’imagination, si l’on
peut dire, pour chercher des noms, en oubliant ceux qui s’imposent avec
évidence. Mais vous connaissez l’adage : « Beaucoup ont des yeux, mais
ils ne voient pas ». C’est donc avec ce regard sur notre passé, avec cette
vision sur nos responsabilités politiques vis-à-vis de l’avenir que nous
pouvons considérer que nous honorons aujourd’hui un modèle d’homme politique.
On me dira : mais, vous n’aviez
pas les mêmes idées, vous vous êtes souvent combattus, je crois que là
aussi il a donné un exemple. On a rappelé tout à l’heure le passé assez
violent des luttes politiques à La Réunion, il y a quelques décennies.
Au milieu de ces luttes, effectivement, il y a un homme - et on lui en
a fait le procès -, qui, sans jamais abdiquer de ses idées, sans jamais
céder sur rien dans ses options, était capable d’écouter les autres, d’être
tolérant et d’admettre que les autres, parfois, n’avaient pas totalement
tort. Cela ne concerne pas toute La Réunion, mais seulement un certain
nombre de gens engagés dans la vie sociale et politique. Mais, dans une
île aussi petite que la nôtre, il est essentiel d’être tolérant, ferme
dans ses idées, de ne jamais abdiquer, si l’on pense que l’on a raison,
mais de considérer que celui qui combat vos idées n’est jamais un ennemi,
même s’il est un adversaire. C’est en cela que Pierre Lagourgue nous a
donné l’exemple d’une démocratisation, d’une normalisation de la vie politique
à La Réunion. Cela aussi est à méditer.
Alors que nous avons parlé
d’une façon générale de l’apport de Pierre Lagourgue à l’histoire de notre
pays, je voudrais saluer Madame Lagourgue, ses enfants et ses petits-enfants,
tous ceux qui ont eu l’avantage de le connaître plus intimement. Je voudrais
leur dire qu’à La Réunion il y a beaucoup de Réunionnais, quelles que
soient leurs options politiques, qui ont apprécié l’œuvre de Pierre Lagourgue
: elle entre dans notre histoire et nous vous remercions d’avoir accompagné
Pierre Lagourgue jusqu’à ce qu’il nous quitte. Il nous quitte, mais s’il
a quitté la vie terrestre, ses idées vivent aujourd’hui, dans cette foule
réunie ici. C’est cela qui est essentiel pour un homme politique. "
|
|