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Jean
Bernard Rousseau est né le 22 mars 1797,
dans le petit village d'Annay la Côte, dans l'Yonne, lieu où
il est baptisé. Il passe son enfance toujours dans l'Yonne à
Tharoiseau.
Il arrive à Paris en 1822,
pour y faire l'apprentissage de sa vie religieuse. Il entre le 9 novembre
1822, à l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes.
Le jeune novice prend le nom de Frère Scubilion.
Après cinq ans d'étude
et d'enseignement, le Frère Scubilion prononce ses vœux perpétuels,
le 27 septembre 1827.
Le 9 mars 1833,
les désirs missionnaires du Frère Scubilion sont exaucés, il est désigné
pour se rendre à l'île bourbon ( La Réunion ). Le 14 juillet 1833,
le navire " Le commerce " arrive en rade de Saint-Denis amenant le Frère
Scubilion et les frères, Jean de Martha, et Vétérins.
Le Frère Scubilion enseigne
aux enfants réunionnais de Saint-Benoit et de Saint-Paul.
Il joue un rôle important
dans l'émancipation des esclaves, à cette époque il y a, à Bourbon 60
000 esclaves, les frères trouvent dans leur foi assez de courage pour
créer, après les classes du jour, les catéchismes du soir, une manière
habile de canaliser et de mettre dans le droit chemin les esclaves noirs.
Malgré les résistances des colons, il mène à
la fois catéchèse et alphabétisation dans les villages
éloignés.
Le Frère Scubilion arrive
à Saint-Leu le 17 novembre 1843,
sa venue est une récompense pour cette ville. Les Noirs sont nombreux,
il devient rapidement l'enseignant, le défenseur, l'avocat de cette communauté.
Il prépare plus d'un millier d'esclaves au baptême et à la première communion.
L'esclave devenait par le Christ et dans l'eau baptismale le frère de
son maître.
Le 20 décembre 1848,
Sarda
Garriga, le gouverneur de l'île proclame l'abolition de l'esclavage,
cette transition de servitude à la liberté s'accomplit sans violence,
les esclaves remercient Dieu pour cette résurrection sociale. C’est
l’aboutissement d’un dur combat pour la liberté. Le
Frère Scubilion, en lien avec son évêque et les curés
de l’île, y a beaucoup contibué par l’instruction
et l’évangélisation.
L'émancipation de 1848, ne
termine pas le travail civilisateur. Beaucoup d'esclaves ont échappé à
l'action du catholicisme. En septembre 1850, le Frère Scubilion arrive
à la Possession, il se dévoue sans compter, il enseigne la doctrine Catholique,
les noirs se convertissent en foule. il parcourt les Hauts, les Ravines,
les Mornes. Toujours le sourire aux lèvres, il anime des groupes...
il fonde avec ses amis une Mutuelle ouvrière.
Par la suite en 1856,
le Frère Scubilion enseigne à Saint-Denis, à Salazie et à Sainte-Marie,
sa flamme apostolique l’amène à rencontrer les ouvriers
des plantations de cannes à sucre et de leurs usines. De nombreux
pèlerinages manifestent la joie de croire et créent entre
tous une âme commune.
En 1866,
il part pour Madagascar ouvrir une école pour les petits Malgaches.
Il revient à Sainte-Marie,
son arrivé est triomphale.
Le frère Scubilion s'éteint
le samedi 13 avril 1867
à l'âge de 70 ans. Sainte-Marie se plonge dans le deuil et la consternation,
un défilé ininterrompu de fidèles vient prier auprès du défunt. Le corps
du religieux devient aux yeux de chacun, une relique qu'il faut honorer
et conserver avec un très grand soin.
Les funérailles ont lieu
le 14 avril 1867, une foule immense accourt de toute l'île. De son vivant,
déjà Frère Scubilion était vénéré
comme un saint par la population de son quartier. Des histoires de guérison
commencent à circuler. Ce n'est qu'un début. Aussitôt
commencent les pélerinages individuels. Les habitants de sainte-Marie,
puis d'autres bourgs de l'île, viennent se recueillir sur sa tombe.
Des guérisons ou conversions inespérées se produisent.
On les attribue, à l'intercession du vieux frère. Sur le
lieu de sa sépulture, poussait un hibiscus. Les pélerins
en arrachent les feuilles, puis l'écorce, puis la racine. Devant
cette ferveur populaire qui ne cesse d'augmenter, les autorités
religieuses décident l'ouverture d'un procès de béatification,
en 1902. Les conclusions de l'enquête sont remis à Rome en
1909, où elles s'endorment pour près de 50 ans.
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Cependant
à La Réunion, la ferveur des habitants ne s'est pas relachée.
Et les autorités de l'île décident en 1939 de bâtir
à Saint-Denis, la capitale, un tombeau plus digne du " Saint
". La population de Sainte-Marie se démena pour garder au
moins quelques reliques, Ce qu'on lui accorda.
En janvier 1947, sous la
présidence de Monseigneur
Cléret de Langavant, le cercueil contenant les restes du Frère
Scubilion, est déposé dans un mausolée à l’angle
des rues Montreuil et Monseigneur
de Beaumont à Saint-Denis.
En 1976, le nouvel évêque
de Saint-Denis, Monseigneur
Gilbert Aubry, écrit à Rome pour rouvrir le dossier.
En même temps il demande aux Frères des Ecoles Chrétiennes
de mettre l'accent, non pas sur les événements d'une existence
qui s'est déroulée il y a un siècle, mais sur la
richesse profonde de Scubilion, son souffle évangélisateur,
sa passion de catéchiser au milieu des pires difficultés.
Jean Bernard Rousseau, Frère
Scubilion est béatifié par le Pape Jean-Paul II, le 2 mai
1989 à Saint-Denis, il est dans tous les cœurs l’apôtre
de l’Amour du Christ pour les petits, les exclus.
Un siècle après
sa mort, la popularité du Serviteur de Dieu, est restée
vivante à La Réunion. Des pélerinages se succèdent,
tant à Sainte-Marie qu'à Saint-Denis. A Saint-Denis comme
à Sainte-Marie, le Frère Scubilion, guérit, soulage
et console…
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