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Louis Antoine Roussin
est né le 3 mars 1819 à Avignon.
Il est le fils de Louis Laurent
Roussin, Boulanger à Avignon et de Louise Marie Quimart.
Il embarque de Toulon pour
l'île de la Réunion le 1er mars 1842, il est sergent dans le 3eime régiment
d'infanterie de marine. Son dossier militaire le décrit :
" de taille moyenne,
les yeux marrons, les cheveux châtain foncé, le front découvert
et le nez aquilin. "
Le jeune Roussin débarque
à La Réunion le 26 juin 1842.
31 décembre 1843,
il est libéré de ses obligations militaires et quitte l'armée,
il décide alors de s'installer à La Réunion, et ouvre
un atelier de peinture.
En 1845, le recensement de
cette année, indique qu’il est domicilié à
Saint-Benoît et qu’il est professeur de dessin.
En 1846, Antoine Roussin
est signalé par la presse locale comme un jeune artiste plein de
talent, il gagne sa vie en réalisant des portraits, il sait comme
on dit à l'époque réussir les ressemblances.
14 octobre 1846, Louis Antoine
Roussin épouse Marie Louise Elisabeth, petit fille de Pierre Bernard
Petit et d’Augustine Esparon, jeune bénédictine de
onze ans sa cadette. La jeune Bénédictine d’à
peine seize ans lui donnera cinq enfants.
En 1846, Roussin découvre
une presse à lithographier dans un entrepôt à Saint-Denis.
Il la répare devenant tour à tour mécanicien, chimiste, imprimeur
et dessinateur, il effectue quelques essais concluants. Il commence alors
les Souvenirs de l’île Bourbon, son premier album.
25 décembre 1846,
le journal de la Feuille Hebdomadaire de l’île Bourbon, annonce
la parution des " Souvenirs de l'île Bourbon ".
Avril 1847, Roussin livre
les premières lithographies d’un recueil baptisé Souvenirs
de l’île Bourbon, devenu après 1848 Souvenirs de l’île
de la Réunion. Les dessins représentent « les sites
les plus pittoresques, les églises, les établissements,
les principaux monuments de cette colonie, études d’arbres,
fleurs, fruits, oiseaux, insectes, types et physionomies avec des portraits
historiques ». C’est un inventaire sans ordre logique réalisé
au gré de son inspiration. Entre 1847 et 1850, tous les mois, les
abonnés reçoivent quatre planches, soit plus de 140 lithographies
en trois ans.
D’autres artistes contribuent
à la réalisation des vues. Parmi eux, Charles Merme (29-03-1818
- 01-04-1869) et surtout Adolphe Martial Potémont (10-02-1828 -
14-10-1883, présent à La Réunion de 1847 à
1860). Ces peintres ont reçu une formation artistique auprès
d’artistes renommés en France au cours de la première
moitié du XIXe siècle. Martial-Potémont, se forme
auprès des peintres Léon Coignet et Félix Brissot
de Warville. Il acquiert auprès d’eux une formation généraliste,
s’initiant au " grand genre ", au portrait et aux paysages.
Par ailleurs, ces deux maîtres lui inculquent les premiers rudiments
d’une technique qu’il privilégie lors de son séjour
à Bourbon : la lithographie. Roussin a probablement beaucoup appris
aux côtés de ses amis artistes à Bourbon.
Article de publicité
:
" M. Roussin a l'honneur
de prévenir le public qu'il continue la publication des Souvenirs
de L'île Bourbon par livraisons mensuelles, et que ces livraisons
se composant de quatre lithographies seront désormais payées
comptant, au prix de 2 francs 50.
On trouvera dans son atelier
un recueil de dessins représentant les sites les plus pittoresques,
les églises, les établissements, les principaux monuments
de la Colonie, les études d'arbres, fleurs, fruits, oiseaux, insectes,
types et physionomies, avec des portraits historiques. M. Roussin fera
toutefois une réduction de dix francs à MM. les abonnés
qui désireront les dessins qui ont paru dans la première
année au nombre de quarante-quatre, et qui prendront un abonnement
pour la seconde année.
Il se charge également
de livrer aux personnes qui lui en feront la demande, des Billets de convois
illustrés à dix francs le cent.
Les personnes qui voudront
faire lithographier leurs portraits pourront s'adresser à M. ROussin,
qui en garantit la ressemblance et s'engage à donner vingt-cinq
exemplaires pour la somme de cent francs.
S'adresser, à Saint-Denis,
chez M. A. Roussin, rue du Barachois, 47 ; à Saint-Paul, chez M.
E. Langlois ; à Saint-Benoît, chez M. Petit, préposé
de la poste ; à Saint-Pierre, chez M. P. Empaire.
1851, Roussin édite
l’album Promenade à Salazie avec la collaboration de Charles
Merme.
1853, 1856 et 1859 : Il reçoit
plusieurs médailles d’or aux expositions coloniales de Maurice
et de La Réunion.
1855. Il reçoit une
mention honorable à l’exposition universelle de Paris.
12 juin 1855, les époux
Roussin achètent une maison rue de l’Eglise à Saint-Denis.
C’est là qu’est installée la presse à
lithographier.
Juillet 1855, Roussin est
recruté comme professeur de dessin au lycée impérial
de Saint-Denis.
1856, annonce de la publication
de l’Album de l’Île de La Réunion dans la presse.
Souscription du Conseil Général pour une commande de quarante
exemplaires de chaque livraison de l’Album. Entre 1856 et 1876,
Roussin édite 5 volumes de l’Album de l’Île de
La Réunion, qui constituent la première édition.
Louis Antoine Roussin qualifie
l’Album de l’île de la Réunion de "spécimen
de la typographie Bourbonnaise". A la différence des Souvenirs,
les lithographies créées pour l’Album illustrent des
articles sur des sujets divers. Il s’agit de publier une histoire
pittoresque et illustrée de la Réunion.
Pour écrire les articles
de l’Album, Roussin réunit autour de lui des auteurs issus
de milieux très différents. Il fait appel à l’élite
intellectuelle de la Réunion : professeurs, fonctionnaires coloniaux,
militaires, hommes de loi, notables, scientifiques… Roussin tient
une place centrale dans ce cercle, jouant le rôle de coordonnateur.
Parmi les auteurs, certains se distinguent par de nombreuses contributions
: Firmin Cazamian, Louis Héry et Paul de Montferrand, professeurs
au lycée Impérial, Charles Coquerel et Louis Morel, naturalistes
passionnés par la faune et la flore de l’île, totalisent
à eux seuls plus d’une cinquantaine d’articles.
Cinq tomes sortent de la
presse de Louis Antoine Roussin, installée rue de l’Eglise,
dans le quartier des affaires de Saint-Denis. Roussin achève difficilement
cette première édition, beaucoup de souscripteurs se désistant
dans les années 1870, période de crise économique
dans la colonie. Le cinquième tome, d’une extrême rareté
aujourd’hui, a pu sortir grâce au soutien de sept derniers
abonnés.
Octobre 1859, Roussin ouvre
sa propre imprimerie.
1860, il édite le
journal La Malle jusqu'en avril, le brevet d’impression pour La
Malle est cédé à Rambosson.
25 septembre 1860, fin des livraisons des lithographies de l’Album,
première édition.
1861 : Il publie La Semaine,
journal consacré aux sciences, lettres et arts.
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Autoportrait de Louis Antoine
Roussin, 1845. Collection Bernard Roussin


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1661-1872,
Roussin assure la publication des bulletins de la Société
des Sciences et des Arts, dont il est aussi l’un des membres.
1863.
Il imprime les bulletins de la Société d’Acclimatation
et d’Histoire Naturelle de l’Île de La Réunion.
1864.
Alors que les premiers clichés photographiques immortalisent La
Réunion dès 1860, Roussin intéressé et curieux
de ce nouveau procédé, pratique la photographie de ses propres
lithographies.
Juin 1864. Il participe
au Salon des Beaux-Arts organisé par la Société des
Sciences et des Arts.
6 mars 1869 : Mort de son
épouse, Marie Louise Elisabeth Roussin à Marseille.
1879-1886. Réédition
de l’Album de l’Île de La Réunion en 4 volumes.
La grande majorité des articles déjà publiés
dans la première édition son repris et actualisé.
Pour cette réédition, enrichie de quelques nouveaux articles
et lithographies, il s’associe à Gaston Lahuppe, l’un
des imprimeurs les plus importants de la colonie. Cette réédition
est fabriquée rue du Conseil (actuelle rue Juliette Dodu). Beaucoup
de lithographies sont réimprimées, dans des versions inversées.
D’autres sont inédites, comme la série sur le chemin
de fer dont la livraison intervient en 1882.
L’Album de l’île
de la Réunion témoigne des sujets d’intérêt
de l’élite intellectuelle locale et de l’histoire de
la colonie. Avec plus de 200 articles et presque 400 lithographies, ce
corpus de textes et d’images est unique dans l’histoire de
la littérature et de l’art réunionnais. Cet album
participe à la construction de nombreuses pages de ce site sur
l'histoire de La Réunion, par les illustrations et les textes de
l'époque.
1873, la Banque de La Réunion
est autorisée à émettre des billets de 5 à
10 francs pour conjurer la crise monétaire, M. Antoine Roussin
est chargé de l'impression à plusieurs teintes de ces billets.
1884, il est nommé
officier d’académie.
Juin 1883 - Mars 1884 :
Roussin obtient un congé de convalescence en métropole.
1888, Roussin prend sa retraite
de professeur.
18 septembre 1894, Louis
Antoine Roussin meurt à Saint-Denis de La Réunion.
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